Le Fauvisme

Par Samedi 16 mai 2015 Permalink 13

Au salon d’automne de 1905, le critique d’art Louis Vauxcelles, au moment où il découvre une sculpture d’Albert Marque entourée sur les cimaises par des tableaux, où la couleur est prépondérante, de Matisse, Derain (photo en une), Vlaminck, Marquet, Camoin, Van Dongen, Friez, Lebasque, Manguin, Dufy ou Valtat, se serait écrié « Donatello parmi les fauves ». La légende parle ainsi des débuts du Fauvisme! La vérité force à attribuer la paternité du terme à un inconnu visitant l’exposition et ayant parlé de « cage aux fauves ».

Des couleurs pures, expressives, intensément lumineuses, une vision simplifiée de la nature sans effort de fidélité, une absence de volume, de profondeur permettent de reconnaître le Fauvisme. Cette audacieuse recherche picturale rapproche le mouvement de l’expressionnisme allemand, mais sans les aspirations sociales, politiques et psychologiques. Le fauvisme n’a ni de manifeste ni de déclaration unificatrice et péremptoire.

Derain et Vlaminck, soit l’école de Chatou, explorent avec leur chevalet les paysages de banlieue, peignent en plein air et agrègent autour d’eux divers groupes. Le mouvement à l’avant garde de la création picturale, intense et éphémère ne dure qu’entre 1905 et 1907. Il est techniquement proche du cloisonnisme de Gauguin ou du divisionnisme de Seurat et trouve ses racines chez Gustave Moreau, Van Gogh ou Sérusier avec l’école de Pont Aven.

« Avec des couleurs pures, nous obtenions des réactions fortes » écrit Matisse, l’intellectuel. Dufy élabore même une équivalence musicale de la couleur. Et puis Cézanne passe par là et influence en particulier Vlaminck à partir de 1907 qui déclarera plus tard: « Je souffrais de ne pouvoir frapper plus fort, d’être au maximum d’intensité ».

Le mouvement fugitif qu’est le fauvisme n’a d’égal que l’importance des maîtres y ayant participé.