Le duo Merkel-Hollande giflé par Le Pen

Par Jeudi 8 octobre 2015 Permalink 26

C’est une attaque d’une rare violence qu’a essuyée hier le président de la république dans l’enceinte du parlement européen de Strasbourg. Un pince-fesses bien artificiel avait été organisé au milieu des ruines de la belle idée européenne pour que Angela Merkel et François Hollande tente de regagner un peu de leur popularité perdue. Mais Marine Le Pen s’est exprimée et a gâché  une ambiance qui jusque là était totalement déconnectée de la réalité.

Pour une fois qu’il se passe quelque chose dans ce parlement composé des recalés du suffrage universel à qui on offre un lot de consolation, c’est du sérieux et du très sérieux. Le prestige de la fonction présidentielle est devenu pratiquement nul. Les frasques amoureuses de François Hollande et les révélations terribles de son ex compagne ont mis un point final au respect dû au mandat puisque c’est avant tout l’homme qui fait la fonction quelle qu’elle soit. Reconnaissons que le passage à cinq ans au lieu de sept a fait du président le jouet des partis politiques. Et puis il y a eu ces hommes pour qui le costume était bien trop large… Bref, le président de la république française est devenu un fonctionnaire aux ordres de l’Union Européenne.

Alors entendre dire de François Hollande, qualifié de vice chancelier allemand, qu’il ignore les intérêts de la France, qu’il est soumis à Bruxelles, Berlin et Washington et qu’il dénie à La France sa possibilité d’être souveraine, n’est pas dénué d’importance lorsque tout le monde sent bien qu’au delà de la polémique il y a un grand fond de vérité. Souligner plus largement que la politique de l’UE n’existe que pour sauver le modèle allemand, qu’elle aggrave les assauts migratoires, que la domination allemande amène à la vassalisation des autres peuples d’Europe, n’est certainement pas inutile dans un contexte où la voix de la France dans le monde présente de moins en moins d’intérêts et le suivisme existant vis à vis des décisions et des revirements de la chancelière allemande fait jouer à notre pays un rôle de marionnette.

Le seul fait que cette agression verbale ait été possible montre le délitement de la nation. Marine Le Pen n’était pas ridicule, ni déplacée, ni vulgaire ce qu’elle aurait été devant un grand chef d’état en d’autres temps. Elle appuyait là où ça fait mal, très fort, irrespectueusement mais avec cette description du réel implacable qui permet tout. C’était comme la gifle d’une femme balancée dans la figure à l’encontre d’un homme qui trahit. Et c’était mérité.

Frédéric Le Quer