Le djihad et nos guerres de religion

Par Jeudi 11 août 2016 Permalink 3

Un courant intellectuel compare le djihad, les attentats terroristes que nous subissons, aux guerres de religion que l’Europe a connues au XVIe siècle. Si comparaison n’est pas raison, dans ce cas la comparaison frôle la déraison.

Avant d’établir le parallèle, nos fiers historiens prennent régulièrement la précaution oratoire de souligner qu’en expliquant les horreurs actuelles, ce n’est pas un moyen de les excuser. Certes, mais la tentative de relativiser notre misère pour la rendre plus acceptable en la ramenant à l’idée de l’éternel recommencement est grossière alors qu’on vit probablement un tournant majeur dans l’histoire du monde. Les rapports entre les conflits à l’intérieur du christianisme, il y a quatre siècles et demi, et les assauts menés par les islamistes contre l’Occident sont pour le moins spécieux voire carrément grotesques!

Au XVIe siècle, à l’intérieur d’une Europe entièrement christianisée, la papauté perd de sa superbe et est même rejetée par une partie du continent. Des chrétiens affrontent des chrétiens sur le plan théologique, militaire, culturel. Les protestants apporteront au continent leur lecture nouvelle de la bible. Des catholiques naîtra l’art baroque qui marquera l’histoire jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle. Au XVIe siècle, on croyait aux sorcières, on acceptait à peine que la terre fût ronde, on découvrait petit à petit l’ensemble de la planète. La plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire. Les mentalités étaient à mille lieues de celles de maintenant!

Ce rapport débile avec ce qui se passe aujourd’hui, avec l’attitude criminelle d’obscurantistes fanatisés n’est là que pour dédouaner la fameuse religion de paix qu’est l’islam! Pour amoindrir sa responsabilité, on la compare à une religion qui indéniablement prône l’amour quand elle prône le djihad. C’est un peu comme si un historien comparait la Shoah avec les exactions contre les juifs au moyen âge. Il passerait à côté de l’essence même des camps de concentrations.

Frédéric Le Quer