Le crash de l’A320

Par Mercredi 25 mars 2015 Permalink 19

Le traitement médiatique qui est fait du crash de l’A320 révèle encore une fois la peur des élites vis à vis du comportement des masses: La compagnie aérienne est excellente, l’Airbus est l’avion le plus sûr du monde et toutes les parties concernées annoncent les unes après les autres qu’il n’est pas vraiment probable qu’il s’agisse d’un attentat terroriste.

Pourtant cent cinquante personnes gisent encore ce matin dans les montagnes de Haute-Provence. Mais les intérêts financiers sont tels qu’une méfiance qui s’installerait vis à vis de la sécurité du trafic aérien ferait perdre bien trop d’argent pour qu’il puisse en être question. Alors, tout est décrit sans que rien ne soit vraiment compréhensible… Et surtout la multiplication des catastrophes aériennes depuis quelques mois n’est jamais rappelée.

Le plus spectaculaire est l’obstination à ne pas évoquer  l’hypothèse d’un attentat suicide bien que tout le monde y pense. Qui dit attentat, dit islam, qui dit islam, dit une partie de la population française. Cette fameuse partie sur laquelle les politiciens se penchent en permanence mais qui, officiellement, ne diffère pas des autres français. Elle est pourtant l’enjeu essentiel de tous les scrutins électoraux et en fonction de sa présence ou de la perception de la possibilité de sa présence, les électeurs votent plus ou moins Front National. Nos dirigeants cherchent par tous les moyens à faire oublier une religion dont on sait maintenant qu’elle n’est pas soluble dans la république car ils craignent l’arrivée d’émeutes interethniques qui rompraient la fragile paix sociale.

On imagine alors le mot d’ordre dans les rédactions: « Appesantissez-vous sur les détails techniques, invitez tous les professionnels de l’aviation civile et faites les parler! Même si ils ne savent rien ils seront ravis de passer à la télé… mais surtout, surtout pas de vagues avec des histoires d’attentat! »

Ainsi vont les médias! Plus ils sont omniprésents moins leur but est d’informer et plus leur rôle est de canaliser les opinions publiques pour mieux garantir la suprématie des caciques. Et quelque soit le domaine, du crash de l’A320 au débriefing d’un vote pour les départementales, le but est de faire accepter à l’opinion ce qu’on a intérêt qu’elle croit puisque leur perpétuation en dépend.

Frédéric Le Quer