L’ascension du street art

Par Samedi 6 septembre 2014 Permalink 16

Les œuvres des graffeurs, autrefois classés pollueurs des villes, font dorénavant l’événement dans les expositions et les salles de vente du monde entier. Le street art a le vent en poupe et l’art traditionnel se voit attaqué!

Finis toiles et pinceaux, l’heure est aux bombes, aux marqueurs, aux pochoirs. Le courant promeut la pratique du tag (ou graffiti) afin de représenter des lettres et des fonds aux couleurs vives proches de la bande dessinée. Un message social, sociologique ou politique est souvent sous-jacent. L’artiste se bat avec les matériaux, ça déborde, ça mord, ça sort du cadre, l’entreprise est avant tout contestataire, rebelle.

La première exposition de cette mouvance indissociable au hip hop date de 1972 à New York, puis ce sera très vite Los Angeles et la côte ouest. C’est au début des années 80 que l’art se développe en Europe; la première exposition y est organisée à Rotterdam. Si les murs des villes ont d’abord servi de support, le street art va s’assagir.

Fini les courses poursuites avec la police, devenu art contemporain, les pouvoirs publics et le marché sont passés par là! En 2009 à Paris, 80 000 visiteurs sont allés voir l’exposition « Le tag au Grand Palais ». Dans des salles des ventes combles, on ne compte plus les résultats à sept chiffres! Subversif? Plutôt officiel et surement un peu spéculatif! En tout cas il est de bon ton d’avoir sur les murs du salon à coté d’une commode dix huitième une de ces toiles aux connotations urbaines et poétiques!

Pour l’exemple, il faut mentionner Jean-Michel Basquiat (1960-1988) artiste emblématique. D’origine haïtienne, de milieu aisé,  à la bonne éducation(il parle trois langues couramment français, anglais, espagnol), il graffe dans les rues new-yorkaises et se fait très vite repérer des milieux intellectuels. Cette reconnaissance immédiate le rend riche et célèbre ce qui ne l’empêche pas de s’enfoncer dans la toxicomanie pour mourir d’overdose à 28 ans. Citons aussi Keith Haring, même génération, même parcours tragique dont le destin agité et la maladie le font s’éteindre à 31 ans.

L’art urbain, le street art, est devenu aujourd’hui une expression artistique officialisée. Les galeries branchées ont remplacé les pignons d’immeubles crasseux. Rentré dans le rang, l’académisme le guette…

Frédéric Le Quer

Subway Art - Zenoy

Subway Art – Zenoy


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