L’ascenseur social

Par Vendredi 3 octobre 2014 Permalink 18

Le mot assimilation semble devenu pour les politiciens français un gros mot. Accepter des individus différents et les rendre identiques à ceux qui les reçoivent serait un objectif décadent qui ne respecte pas le soi-disant droit des immigrés à rester ce qu’ils sont au mépris des traditions du pays d’accueil. Du coup, c’est l’ascenseur social qui est en panne.

Il n’est pas niable que tout au long de son histoire la France, pays de l’ouest de l’Europe, a été une destination de repli et d’espoir pour ceux qui quittaient leur terre natale. De tout temps, sauf maintenant, la deuxième génération d’immigrés était assimilée grâce à l’insertion des familles au sein de la société française et grâce plus tard à la noble expertise de l’école publique.

Les banlieues rouges ont jusqu’à la fin des trente glorieuses accueilli des polonais, des espagnols, des portugais, des italiens, des arabes, des pieds noirs avec succès. Leur faible nombre suffisamment dispersé sur le territoire autorisait une assimilation rapide et réussie. Certains lycées de ces zones ouvrières faisaient parti des meilleurs de France. Point de démagogie, les diplômes sanctionnaient l’intelligence, la culture et le travail. La distribution de prix dévalorisés n’était pas encore une politique d’intégration! L’ascenseur social semble dorénavant être une inaccessible étoile. Cela marcha pourtant dans les années soixante, soixante-dix pour les gens de mérite.

Mais dorénavant rester ce qu’ils sont est l’ambition que propose aux arrivants des politiciens incapables d’envisager que la nationalité française est histoire de culture et de tradition. La raison est simple: trop nombreux aucun objectif un tant soit peu élitiste devient possible. La constitution de ghettos isole des populations aux traditions bien plus éloignées des nôtres que celles de ceux qui arrivaient il y a cinquante ans. L’enlisement dans la pauvreté, l’ignorance et le crime avec pour corollaire la religion toujours prête à soumettre les faibles par l’espoir d’une  vie meilleure après la mort est la situation de gens qui ne s’adaptent pas aux conditions de vie occidentales.

Le résultat est monstrueux à plusieurs égards. D’abord pour les enfants ou petits enfants d’arabes ou d’africains arrivés il y a longtemps,assimilés, mais en train d’être renvoyés à ce qu’ils sont ethniquement comme aspirés par leurs origines. Ensuite ceux qui viennent maintenant sont si nombreux qu’aucune sélection par le mérite n’est vraiment possible, tous étant happés par la famille, la cité, le quartier. Enfin les ghettos constitués grossissent de plus en plus rejetant toujours plus loin des français abandonnés à leur sort à qui eux aussi l’ascenseur social est refusé par les difficultés matérielles de toute sorte à surmonter et par une école dont l’ambition culturelle est quasiment inexistante.

La population française se victimise. La situation n’offre plus d’espoir aux classes populaires. Un apprentissage scolaire élitiste leur est refusé. La tranche supérieure dans la hiérarchie sociale se coopte ainsi plus facilement. L’ascenseur social, élément fondateur de toute démocratie, n’est dorénavant plus de mise dans un monde qui se tyrannise doucement.

Frédéric Le Quer


 

 

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