L’Art nouveau à Paris

Par Dimanche 2 novembre 2014 Permalink 9

Des pastiches, faisons table rase! Et l’Art nouveau de devenir le symbole de cette époque entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, où la réaction à l’évolution rapide de la société industrielle pousse vers la botanique, le jardin, la verdure, les vérandas… Et la femme, muse et vestale!

La Belle Epoque correspond au retour d’une croissance soutenue et du renforcement de la place financière parisienne. Une démographie peu dynamique accompagne le sentiment fier des français de leur appartenance à une grande nation.

L’art naît pour l’art, l’esthétique est une fin en soi, le beau le suprême objectif. Toutes les formes, les couleurs, les matériaux sont réquisitionnés dans ce but. L’aspect utilitaire ou social du travail artistique est ignoré. On est loin du courant Arts & Crafts, du modern style, expression reprise au début par les français, mais pas de l’Angleterre des préraphaélites du milieu du XIXe siècle.

L’exposition universelle de 1900 est particulièrement brillante. Le siècle nouveau est célébré. Petit Palais, Grand Palais, pont Alexandre III forment l’écrin de l’Art nouveau. La classe bourgeoise, grande gagnante du siècle passée, on parle parfois de « bourgeoisie absolue », est son bailleur de fonds et satisfait ainsi ses besoins de luxe. La vie et les sentiments du prolétariat sont loin des préoccupations de l’Art nouveau au moins dans la capitale.

Deux grands noms dans des domaines très différents peuvent être cités:

-Hector Guimard est connu pour avoir aménager les bouches d’entrée de métro. Le fer est travaillé de manière élancée, nerveuse; loin d’être abstraites les lignes sont issues de la nature et défient volontairement les parallèles ou la symétrie. D’autres édifices montrent le pouvoir créatif extraordinaire d’Hector Guimard comme par exemple, le Castel Béranger, 14, rue La Fontaine dans le XVIe. L’élégance et la fantaisie de ses créations inspireront des peintres comme Picasso ou Dali.

-Renée Lalique est le joaillier qui capta l’esprit Art nouveau. Le public s’amasse lors de l’exposition universelle devant sa vitrine. Un bestiaire inusité, des plantes, la femme sont ses sources d’inspiration. Son oeuvre est très convoitée et un musée de Leipzig à sa mort achète un devant de corsage et un peigne ornemental pour plusieurs milliers de francs-or!

L’art nouveau connait depuis les années 70 un formidable succès. Le marché est soutenu particulièrement par les russes et les japonais au fort pouvoir d’achat. La rareté des pièces entraîne une certaine spéculation. Une balustrade en bronze de Lalique a fait récemment chez Sotheby’s plus d’un million d’euros!

Frédéric Le Quer

9