La peinture baroque jusqu’au milieu du XVIIe siècle

Par Samedi 27 septembre 2014 Permalink 17

Le besoin de répondre aux doctrines nouvelles apparues depuis le quinzième siècle, remettant en cause le catholicisme, justifie la tenue du concile de Trente par trois fois pendant vingt ans au milieu du  seizième siècle. Cette contre-réforme va particulièrement utiliser les arts plastiques pour propager le  catéchisme issu des nombreuses délibérations. C’est alors la naissance de l’art baroque primitif.

La peinture baroque est le véhicule de diffusion des dogmes concernant les saints, la révélation ou les sacrements jusqu’au milieu du dix septième siècle. Couleurs, contrastes, lumières, expressions faciales des personnages, lignes de forces de la toile souvent obliques (voir tableau ci-joint) sont les points principaux d’un art qui se place en opposition avec celui de la Renaissance. Exalter la parole du Christ tout en la rendant accessible aux âmes simples rebutées par les excès de l’église romaine est la mission dévolue aux artistes. De fait le baroque efface volontiers les frontières entre la vie et la mort ou le rêve et la réalité. L’expression des émotions intenses et insistantes nécessitent une composition privilégiant le mouvement, le désordre, l’accumulation.

Le Caravage a d’étroits rapports avec ce mouvement artistique issu de la réforme catholique. En France on peut citer les frères Le Nain, Georges de La Tour, en Hollande, Rubens, Hals, Jordaens, Rembrandt, en Espagne, Ribera, Zurbaran, Veslasquez, Murillo. Leur génie baroque donne vie à une existence intense, grave ou palpitante. Les grands formats choisis sont très décoratifs et participent à l’engouement des grands seigneurs comme des bourgeois pour cette nouvelle manière de peindre enthousiasmante.

L’important est de troubler les sens, de donner des sensations fortes et ainsi interpeller le peuple en le menant par des images lisibles sur le chemin de la foi catholique. Foin de calme ou de rationalité; il faut parler au cœur par une démarche pédagogique qui  célèbre les vertiges de la sensation afin de mieux s’adresser à l’esprit pour faire comprendre les méandres idéologiques de la religion. La gageure est un succès.

Frédéric Le Quer


 

 

17