Larossi Abballa se raconte…

Par Mercredi 15 juin 2016 Permalink 1

Après avoir tué le policier, Jean Baptiste Salvaing, à Magnanville, sa compagne, Jessica Schneider n’est jamais citée, Larossi Abballa enregistre une vidéo dans une pièce sous le toit du pavillon de ses victimes. Il lit calmement le texte écrit au préalable dans un mélange d’arabe et de français. Pendant ce temps, il explique que les forces de l’ordre encercle la maison et se vante de leur avoir préparé des surprises.

C’est une sorte de testament de plus de onze minutes. On entend le son des feuilles tournées régulièrement. Rien n’est improvisé. Le soleil n’est pas encore couché. Le terroriste est intelligent. Toute la logique de son raisonnement est bâtie sur sa foi. On peut même se demander curieusement s’il est fondamentalement violent…. juste possédé par sa religion. C’est pire! Immédiatement il signale son allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat Islamique. Allah est souvent nommé, les versets du coran étayent à tout moment le discours très construit. Des consignes qui feront surement le tour des banlieues exhortent à ne pas redouter la mort, à élever Allah plutôt que la science, à être ferme dans son culte, à faire trembler la France. « Il suffit de s’élancer pour se retrouver au paradis » entouré de multiples terroristes dont il énumère les noms.

Ensuite il propose des cibles allant des fonctionnaires de l’état aux élus et aux stars journalistiques. Il menace: « on viendra vous chercher comme je suis venu chercher ce policier chez lui ». Le terroriste annonce d’autres surprises pour l’euro de football. Un plan mis au point avec des coreligionnaires est évoqué. Il encourage le musulman à attaquer les « mécréants tout seul s’il en est capable » et demande d’être impitoyable. L’orateur termine avec quelques trémolos dans la voix en parlant directement à sa famille.

Cette vidéo est un dangereux brûlot car elle humanise les monstruosités commises. Le terroriste énonce des horreurs avec un air sage, pondéré et de ce fait à une capacité indéniable à embrigader. Le spectateur ne voit pas un hystérique fou furieux mais l’image lisse d’un individu dans laquelle certains surement aimeront à se reconnaître. L’intelligence est ici mise au service d’un archaïsme qui resurgit dans nos contrées à cause de la folle immigration tolérée sans assimilation à la clé. En écoutant les déclarations de ce criminel on ne peut que se dire que notre société en acceptant des cultures si différentes a tendu le bâton pour se faire battre.

Frédéric Le Quer