L’antisémitisme de gauche

Par Lundi 16 février 2015 Permalink 21

Le 5 février dernier, une annonce d’offre d’emploi d’une entreprise parisienne située dans le XIXe arrondissement stipulait noir sur blanc « si possible pas juif ». L’antisémitisme se banalise ainsi dans la quotidienneté et le silence d’une gauche au pouvoir habituée à une certaine ambiguïté face à ce phénomène. En 2014, 851 actes antisémites ont été recensés contre 423 en 2013.

En effet, l’antisémitisme de gauche a de sérieux antécédents à faire valoir. L’affaire Dreyfus fut très loin de faire l’unanimité dans ses rangs et Emile Zola reste l’arbre qui cache la forêt des Jules Guesdes ou Jean Jaurès braqués contre les dreyfusards bourgeois. Plus tard, les structures collaboratrices pendant la deuxième guerre mondiale sont, pour la plupart, issues de la gauche. Doriot, par exemple, un des dirigeants du Parti Communiste puis du PPF devient, est, profondément antisémite et déclare par exemple en 1941 « L’Europe a subi tant de malheurs de leur fait, décidera sans doute de se séparer des Juifs. Elle leur assignera un territoire lointain, où enfin jetés, ils réfléchiront à loisir sur les inconvénients qu’il y a à provoquer des guerres pour le bon plaisir d’Israël ».

Il n’est pas question ici de dédouaner le nationalisme intégral de Maurras dont la doxa prône un antisémitisme d’état ou d’un Boutang qui vilipende Mendès France parce qu’il est juif; mais il est totalement impossible de dire comme le parti socialiste cherche à le faire entendre tel Jospin en son temps, que d’un coté les bons ce sont eux et les méchants sont à droite.

Un nouvel antisémitisme apparaît maintenant plus clairement. L’alliance extrême gauche, islamisme qui naît depuis vingt ans en France s’appuie sur un antiracisme antinationaliste qui prospère sur une certaine compassion vis à vis des populations musulmanes permettant de critiquer l’état d’Israël et par extension le peuple juif où qu’il soit. Loin d’un islamo-fascisme proclamé par Manuel Vals c’est un gaucho-islamisme qui voit le jour.

Les déclarations de ce matin de Roland Dumas qui reproche au premier ministre d’être un homme contrôlé par sa femme et ainsi sous influence juive, montrent le peu d’évolution à l’intérieur du PS dont l’inventeur du mot socialiste, Pierre Leroux, proclamait déjà au XIXe siècle: « Quand nous parlons des Juifs, nous voulons dire l’esprit juif : l’esprit du profit, du lucre, du gain, de la spéculation ; en un mot, l’esprit du banquier ».

Avant d’accuser la terre entière concernant les profanations du cimetière juif en Alsace, par exemple, la gauche va devoir balayer devant sa porte!

Frédéric Le Quer