L’Amérique malheureuse

Par Jeudi 17 août 2017 Permalink 3

Trump constate actuellement la crispation entre deux Amériques. Il la constate sans chercher à l’atténuer. Normal, son élection en est une résultante.

Le parti démocrate devient le parti de l’establishment, de la bien pensance, des GAFAM, (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), de l’utralibéralisme mondialisé. C’est un créneau qu’aiment aussi les « barons » républicains. Toute la classe politique (en mettant à part Bernie Sanders) est à l’unisson pour soutenir les gagnants de la globalisation. Les yeux rivés sur les statistiques économiques de la Fed, ce petit monde washingtonien nie les difficultés de l’Amérique profonde, pire la stigmatise. Leur chanson a le même air que chez nous. L’antiracisme, la solidarité, le vivre-ensemble sont d’autant plus loués qu’ils sont là pour faire taire les mécontentements, inhibés les pauvres. Culpabiliser ceux qui ne cessent de se pousser, leur donner mauvaise conscience, est le jeu dangereux engagé par les profiteurs d’un pays de plus en plus fondamentalement inégalitaire. « Les petits blancs déclassés », pour reprendre la terminologie des riches en France, se voient rejeter par les démocrates et les républicains. Ils ont voté Trump, ovni incontrôlé du parti républicain.

Mais les laisser-pour-compte de la mondialisation sont nombreux, terriblement nombreux. C’est toujours la crise de 2007 que la Fed fait semblant d’avoir résolu bien qu’elle n’est rien réglée. Et dans le monde réel, pas celui des graphiques, tout le monde le sait, le vit. L’histoire des suprémacistes blancs est un avatar d' »Occupied Wall Street », cet espèce de printemps arabe à New-York en 2011 qui s’est terminé sur un échec cuisant. La police a viré les manifestants un soir d’automne. Les banquiers ont mieux respiré. Cependant l’effondrement d’un mouvement qui n’était absolument pas raciste mais basé sur la lutte des classes, a fait le lit, après maturation, d’une idéologie plus vicieuse due à l’exaspération des pauvres.

Les riches et leurs inféodés jouent avec le feu. Tant mieux. Cela va finir par péter.

Frédéric Le Quer

Image en une, un orateur s’adresse à la foule d’Occupied Wwall Street