L’alternance entre sociaux démocrates

Par Lundi 23 mars 2015 Permalink 17

L’alternance entre les partis sociaux démocrates a encore de beaux jours devant elle apparemment. En Andalousie comme en France les résultats des élections de dimanche montrent que les populations espèrent encore en ces petits coups de barres tantôt un  peu plus à droite ou tantôt un peu plus à gauche.

La constance qui ressort systématiquement à chaque élection européenne (mis à part l’Allemagne et son cercle) est le désir des électeurs de remplacer les sortants. Rajoy en Espagne a pris une déculottée malgré ses soi-disant résultats économiques mirobolants! Les Andalous dont officiellement 35% sont au chômage, ne se sont pas rendus compte de la sortie de crise! Le PSOE tire les marrons du feu. L’alternance a joué comme elle le fait depuis des décennies… Mais le changement réside principalement dans la défaite du sortant aux allures de raclée. Là, Podemos a probablement joué son rôle. Il apparaît donc sur la scène politique espagnole sans pour autant la bouleverser.

C’est un peu pareil en France dans les élections départementales d’hier. Le Parti socialiste sortant, malgré les dires extravagants du premier ministre, se voit infliger une mémorable déroute remettant en cause son implantation locale. Le gagnant est l’UMP associé à l’UDI et au Modem. C’est donc juste un coup de balancier, cette fois à droite, à l’inverse de l’Espagne, qui a été effectué. Malgré le score honnête du Front National, cette même alternance a donc joué et permet ainsi de ne rien changer concernant les choix politiques fondamentaux du pays puisque ces partis qui gouvernent pensent globalement pareil sur l’essentiel.

Les électeurs espèrent donc encore majoritairement marquer leur mécontentement en faisant jouer l’alternance gauche-droite. Mais ils le croient de moins en moins! Les partis alternatifs grimpent mais ils le font relativement lentement sans bénéficier d’un raz de marée populaire. Leur timide implantation montre la force d’un système qui combat pied à pied pour ne pas se laisser déborder puisque c’est de la survie d’une certaine idée de l’abandon de souveraineté et de l’Europe dont il est question, celle de Maastricht, de Nice, de Lisbonne…

L’alternance n’est plus une alternative! Les mouvements électoraux allant du centre droit au centre gauche rassurent les caciques pour qui rien ne change vraiment. Ils font croire en une démocratie vivante alors que tout est fait pour scléroser les désirs de changement de la population en diabolisant le choix qui est profondément différent. Pour l’instant ça tient, mais le sens de l’histoire est en train de tourner même pianissimo.

Frédéric Le Quer