L’allocution présidentielle

Par Jeudi 1 janvier 2015 Permalink 9

L’allocution présidentielle du nouvel an a été une sorte de représentation théâtrale  où l’acteur, pour le one man show, nous a gratifié de mimiques et de gesticulations, dont l’ambition était de montrer toute son énergie, mais qui singeait plutôt une espèce de Zébulon bien agité.

De grands mouvements de bras dans tous les sens se voulaient peut-être persuasifs. En balançant son corps d’avant en arrière, le personnage affectait un volontarisme que tous ses faits et gestes depuis son élection contredisaient. Mais n’ayant absolument rien à dire, rien à promettre cette fois, il devait penser que le jeu excessif d’un acteur, tel qu’on l’aimait au XIXe siècle, suffirait à masquer le néant politique d’un homme monté trop haut pour ses compétences.

Celui qui par ses décisions ne cessent d’appauvrir les citoyens assurait de son exigence constante pour la lutte contre les inégalités. Il n’hésitait pas d’ailleurs, en totale contradiction avec cette volonté tant martelée, à célébrer sa politique migratoire. Comment ne peut-il pas voir qu’en mettant en concurrence le travailleur français avec tous les miséreux venus d’Afrique, il le fragilisait ignominieusement? Mais il le sait très bien. Sciemment il appauvrit ces gens  » pas jojos  » comme Trierweiller nous dit qu’il les appelle, pour cette classe mondialisée qui est la sienne.

Le couplet sur la laïcité donnait l’effet d’une incompréhension complète de la société actuelle. Il était mis en parallèle avec l’islam, comme si la tolérance pour cette religion était un signe laïciste. Il a fustigé le communautarisme alors qu’il devient, sans doute parce qu’il est, le garant d’une tradition séculaire que des gens comme lui souhaite voir disparaître. J’évoque là, bien sûr, l’héritage judéo-chretien.

Ce fut donc un calamiteux moment que cette allocution présidentielle pour ceux qui aiment l’âme de leur pays, cette intemporalité qui est dans l’air et que chacun reconnait . Rien à attendre pour l’avenir d’un discours qui finissait laborieusement, après l’avoir étonnamment justifié, par vive la république, vive la France. Ça sonnait comme un slogan publicitaire. Pauvre France!

Frédéric Le Quer