L’Allemagne a le mal du pays

Par Mardi 26 septembre 2017 Permalink 2

Malgré une propagande que l’Allemagne n’avait plus connu depuis la guerre (je sais, on est déjà au point godwin!!!), l’euroscepticisme a réalisé une percée mémorable aux législatives. Tout le monde parle de l’Afd mais le score des libéraux du FDP guère europhiles non plus, c’est le moins qu’on puisse en dire, est lui aussi impressionnant. Il s’explique évidemment par la campagne de dénigrement digne de chez nous, (pire que chez nous?) à l’encontre des populistes. Une partie des électeurs potentiels de l’AfD que tous les organes d’endoctrinement ont quasiment menacé durant toute la campagne électorale se sont, un peu inquiets, tournés vers le FDP, un FDP qui s’il ne veut pas sortir de l’€, se montre très négatif vis à vis de toute avancée fédéraliste. Avec le résultat allemand, c’est l’Union Européenne qui agonise.

Les allemands en ont marre de l’Europe, marre des réfugiés, marre des inégalités terrifiantes qui pullulent chez eux, des minijobs et du temps partiel. D’ailleurs tout est lié. Le citoyen allemand doit se pousser tous les jours un peu plus pour laisser la place aux immigrés. Bien sûr, on le culpabilise, il est xénophobe, il ne fait pas assez d’enfants, les tendances démographiques sont catastrophiques. Mais catastrophiques comment? Catastrophiques comme au Japon? Mais au Japon ça fait quarante ans qu’on nous annonce la catastrophe justement. Et il n’y a pas de catastrophe. Ils remplacent les écoles par des maisons de retraite, la main d’oeuvre vieillissante par des robots, le manque de cotisations sociales par les abenomics. Et aucun pays sur la planète ne peut se permettre de laisser sombrer le Japon. Ce serait « systémique » comme on dit. Pareillement, aucun pays sur la planète ne pourrait se permettre de laisser tomber l’Allemagne. Mais alors pourquoi les dirigeants allemands traitent-ils si mal leur peuple? Pourquoi ne pas laisser le pays vieillir tranquillement? Il a encore quelques belles décennies avant de mourir. Les citoyens pourraient vivre largement mieux au lieu de se serrer la ceinture pour le plaisir de leur patronat. Et les QE de Draghi pourrait aussi leur être directement utiles.

Evidemment les allemands ne perçoivent tout ça que confusément. C’est un sentiment diffus de mal-être qui les entraîne vers des voies osées. Un mal du pays. Parce que leur pays, ils ne le reconnaissent plus. On leur ôte leur culture sous prétexte d’être soi-disant plus fort à l’avenir. Mais à quoi bon, s’ils ne sont plus eux-mêmes? A quoi bon l’UE si elle n’existe que pour écrabouiller les peuples? Si on compte l’abstention, près de la moitié des allemands commence à se poser la question. Commence, seulement. Dimanche n’était qu’un tour de chauffe.

Frédéric Le Quer