L’Algérie ne s’en sort pas

Par Lundi 15 juin 2015 Permalink 15

Abdelaziz Bouteflika, président  de la république algérienne, se momifie; ça n’empêche pas François Hollande de se précipiter pour quelques heures en Algérie où il semble que, comme à Cuba, ce soit le frère qui détienne le pouvoir. En tout cas la lutte entre oligarques est actuellement terrible alors que la situation sociale et économique est catastrophique.

Les relations franco-algérienne tournent en rond. Depuis cinquante ans il est question de réconciliation après des brouilles régulières. Le partenariat économique et le dialogue approfondi sont toujours mis en exergue. En attendant le premier partenaire commercial est devenu la Chine et il a débuté hier à Alger un procès pour espionnage contre un ingénieur français de chez G E. La lune de miel tant vantée par les médias est particulièrement souhaitée par François Hollande pour des raisons électorales et pour le rempart que constitue l’armée algérienne contre ISIS.

Il n’est pas question de perdre le vote des franco-algériens, peut-être la base électorale la plus solide pour François Hollande! Les gestes d’amitié et les voyages éclair montrent son attachement à la communauté, communauté qui ne cesse de croître sous l’effet d’une démographie galopante en Algérie et en France aussi. L’état ne sait absolument pas quoi faire de sa jeunesse qui arrive chez nous en masse via des accords entre les deux pays. La limitation des naissances devient une nécessité absolue à l’heure où la manne pétrolière se tarit et, qu’à part ça, aucune ressource de remplacement n’a jamais été  prévue. Evidemment ce sujet crucial ne sera pas évoqué. Concernant ISIS en Libye, le rôle de l’armée algérienne est essentielle. Elle protège à la fois son territoire et celui de la Tunisie. L’état algérien a toujours été très négatif concernant l’intervention contre le colonel Kadhafi. Il porte de fait maintenant une partie du poids de la folie occidentale dans cette affaire.

L’Algérie est un grand corps malade. Les ploutocrates s’enrichissent toujours plus sur le dos d’une population désemparée. L’inanité de la classe dirigeante est une bombe à retardement. On a ici l’exemple type d’un risque d’une dramatique évolution sociétale: la conversion petit à petit d’une population au radicalisme religieux à cause de la malhonnêteté des élites politiques et économiques qui la maintient dans la misère.

Frédéric Le Quer