L’affolement pousse au conservatisme

Par Mardi 9 septembre 2014 Permalink 16

Nos dirigeants sont plus que jamais aux abois. Le président Hollande n’hésite plus à prendre la parole d’un sommet international pour tenter naïvement de contrecarrer la bombe qu’est le livre de Trierweiler (lien*). Le premier ministre Valls, incapable de rester mesuré, s’essaie d’Italie à effrayer le bourgeois avec la sempiternelle rengaine sur le Front National aux affaires de la France. L’affolement hante les palais de la république.

Les solides institutions, favorisant la pratique d’un pouvoir personnel, sont montées en épingle par tous les conservateurs de droite comme de gauche pour qui la situation actuelle loin de présenter des désavantages les maintient dans des sinécures. Ceux-là même au PS qui ont tant vilipender par le passé la constitution se réjouissent qu’il ne puisse rien arriver actuellement de bouleversant par ce biais. Leurs adversaires politiques de l’UMP sont eux aussi rassurés car si la posture générale tend à apprécier le jeu des petites phrases qui en fait n’intéressent que le monde médiatique pour nourrir une polémique artificielle, leurs valeurs traditionnelles promeuvent le statu quo. L’effroi vient des idées déroutantes que pourraient avoir des gouvernants dépassés actuellement par la situation économique du pays et demain peut-être par la situation sociale.

Personne ne maîtrise bien les intentions fluctuantes au gré des sondages de François Hollande. S’il semble aujourd’hui avoir l’intention d’aller jusqu’à la fin de son mandat contre vents et marées, rien ne dit qu’il ne puisse un jour de cafard jouer au chamboule-tout avec les institutions. L’homme n’est à l’évidence pas sûr: sa tendance à la procrastination qui l’empêche de rien changer ou qui au mieux lui fait organiser des commissions bi ou tri latérales dont on est certain que rien ne sortira jamais (les allemands ont d’ailleurs compris!), cette inclination, donc, pourrait d’un coup l’entraîner, par un revirement de personnalité dont les peureux ou les hésitants ont le secret, à opter pour  un retour aux urnes des citoyens.

Mélenchon, qui connaît l’homme, n’hésite pas à proposer la formation d’une assemblée constituante, au cas où… Son idée principale est la mise au point d’une possibilité de référendum révocatoire par initiative populaire. Rien que ça! Difficile d’imaginer notre classe politique dans une insécurité permanente due à la volonté du peuple… Mais à part lui et le F N,  tous les partis craignent ces épées de Damoclès que sont la dissolution ou encore la démission du président que son « j’agis et j’agirai jusqu’au bout » du Pays de Galles n’a pas vraiment éloigné. Plus le chaos s’installe plus les conservateurs s’acharnent à ne rien bousculer.

Mais l’affaire Thévenoud, la dernière en date, est révélatrice d’une dérive générale. Comment l’individu, député, peut-il prétendre sans rire qu’il a oublié de déclarer ses revenus? Comment le chef du parti socialiste peut-il accepter qu’il continue de siéger à l’Assemblée Nationale. Ses collègues se devraient de faire pression pour l’en chasser; l’honneur n’est pas dans l’hémicycle, sans doute restera-t-il…

La corruption touche largement la représentation nationale. Le pouvoir affaibli ne peut rien. Les dirigeants tergiversent pour gagner du temps. Leurs opposants UMP ne souhaitent surtout rien précipiter. Le conservatisme n’est cependant plus de mise. La crise économique va vraiment frapper dans les mois à venir.  A force de refuser le changement maintenant, il va s’imposer violemment bientôt.

Frédéric Le Quer


 

 

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