Lactalis et l’esprit ambiant

Par Lundi 15 janvier 2018 Permalink 2

Depuis la crise de 2008, les multinationales se sentent intouchables. Sauvées au détriment des populations avec l’appui du monde politique, elles connaissent leur force, leurs patrons ont bien assimilé leur toute-puissance. Dès son arrivée au pouvoir Emmanuel Macron a été adoubé par l’un des hommes les plus importants de la planète, le PDG de JP Morgan par ces mots: « Le président français est un très gros plus pour les milieux d’affaire en Europe ». Cet état des lieux donne le sentiment aux grandes entreprises d’être impunissables, le CETA, accord commercial Canada-Union Européenne le renforçant.

Lactalis se rit des gros yeux que fait semblant de lui faire le gouvernement. Les problèmes d’hygiène à l’intérieur de l’usine dénoncés par un employé ont vite été étouffés. Ce n’est pas du coté des médias, tous détenus par des milliardaires, qu’il faut s’attendre à de la transparence! Actuellement sur Paris, un autre exemple de scandale, même s’il n’est pas sanitaire, avec Smoove qui remplace JC Decaux pour la fourniture de vélib, est en cours. Mais tapez ce nom d’entreprise sur Google vous n’y verrez que des éloges bien qu’indéniablement la boite ne remplit absolument pas ses obligations! L’usager est floué mais la mairie bien qu’elle menace, n’obtient aucun résultat.

Dans ces cas comme dans tous les autres passés ou à venir, le chantage à l’emploi est toujours au rendez-vous. L’état a peur. Ses services sachant qu’ils ne seront soutenus ni par le pouvoir politique, ni par le pouvoir médiatique, laissent faire. L’entreprise privée et c’est une première dans notre pays, est tout en haut de l’échelle de la puissance, au-dessus des pouvoirs publics. La population française devient l’instrument de l’enrichissement des multinationales. Ces dernières l’exigent et personne surtout pas les membres du gouvernement Macron, n’est là pour les en empêcher.

Quand tout est jaugé à l’aune du fric fait, l’individu est de facto sacrifié. Lactalis et son lait pourri pour les enfants ne sont qu’un début. Nous boufferons bientôt, si on n’y prend garde, du soleil vert fabriqué à partir de cadavres euthanasiés, pour le bien de la croissance économique, croissance factice qui ne bénéficie qu’à quelques individus alors que pour les autres, tout est de pire en pire.

Frédéric Le Quer

PS: image en une de Charlton Heston dans Soleil vert (1973) de Richard Fleischer