La victoire du président Macron

Par Lundi 8 mai 2017 Permalink 3

La victoire du président Macron est aussi large que fragile. Seulement 4 électeurs inscrits sur 10 ont voté pour lui. 16 millions de français ont donc voté blanc ou nul ou se sont carrément abstenus. Le nouveau président de la république obtient cette fonction par défaut, faute de mieux.

Faute de mieux… Marine n’a jamais fait oublier Le Pen. Le mouvement bleu marine n’a jamais fait oublié le Front National. Pire le débat du second tour entre les deux finalistes a mis en évidence des attitudes, des mimiques désagréables par cette femme bien mal coachée que beaucoup d’électeurs pensaient être dévolues à un autre temps. Si le souverainisme a un avenir comme nous le pensons ici, il ne peut être le fruit du népotisme ou d’un parti au passé sulfureux. Il doit se reconstituer autour de Dupont Aignan, Gaino, voire Philippeau, s’il met de côté ses vieilles lunes chevènementistes.

N’oublions pas trop vite la scandaleuse attitude des médias! Les journalistes français se sont pour la plupart totalement discrédités lors de la campagne électorale par un parti pris systématique en faveur d’Emmanuel Macron. Payés par ceux qui ont sponsorisé le candidat, ils n’ont jamais ôté les chaînes qui les lient aux capitaines d’industrie. Si le pluralisme de l’information existe dans les pays anglo-saxons, il n’est pas de mise en France.

Alors Emmanuel Macron a gagné, l’Allemagne aussi. Cette dernière a su brider les velléités d’indépendance de la population en se servant de la monnaie unique qui ne tient que grâce à la politique accommodante de la BCE tolérée encore quelques mois par Francfort, jusqu’à la fin des élections en Europe. Les citoyens ont actuellement la carotte, ils auront bientôt le bâton! Les gauchistes qui, dès hier soir, s’en sont pris à la police à Paris ou à Nantes ne s’y sont pas trompés! La victoire du capitalisme mondialisé, même se parant de « bienveillance », mot ressassé par le nouveau président, n’apportera rien de bon au pays. C’est drôle de penser qu’après les guerres napoléoniennes, la guerre de 1870, celle de 14-18, la deuxième guerre mondiale, la France se jette délibérément dans les bras des allemands en espérant y trouver du secours! Elle n’en trouvera pas. Elle sera rigoureusement punie pour ses inconséquences des dernières décennies, c’est normal d’ailleurs, mais en plus elle perdra sa souveraineté et pour un pays plus que millénaire, cela est tragique.

Mais cette suite n’est pas encore écrite. Le peuple a, quand on ne l’attend plus, de ces crises de lucidité qui l’amènent à tout chambouler. Le régime n’a jamais été aussi fragile depuis 1958. La colère couve. Les prochaines législatives vont en témoigner. Une gauche de Hamon à Mélenchon, un marais allant de Royal à Estrosi, un souverainisme qui malgré son échec représente indéniablement de plus en plus de citoyens, cela fait au moins trois camps. Pour les institutions de la Ve république c’est un de trop.

Frédéric Le Quer