La tribune de Manuel Valls sur Face Book

Par Vendredi 6 novembre 2015 Permalink 4

Manuel Valls gratifie ce matin ses lecteurs d’une tribune sur Face Book concernant ce qu’il appelle l’autorité. Il faut traduire par sécurité mais comme il n’y a que lui qui l’intéresse et qu’il se fait une fierté d’incarner l’autorité à gauche, le papier porte ce nom.

L’article commence comme un devoir de terminale, pas une terminale de banlieue mais une terminale d’un bon lycée parisien. Deux philosophes viennent à la rescousse du propos, enfin ont l’air d’y venir, Hannah Arendt et Thomas Hobbes. La première, juive, actuellement très à la mode, a vu sa vie marquée par son amour masochiste pour Heidegger, un nazi notoire. Le second est fameux pour son traité sur la souveraineté. Masochisme, nazisme, souveraineté, on est en plein dans la question de l’autorité.

Si le début est donc plutôt amusant, même s’il ne l’a peut-être pas fait exprès, le reste est une justification de son action politique qui ne mène nul part. Les français ont tort de ne pas se sentir en sécurité, la preuve, j’ai fait ça, ça et ça… Il est content de lui concernant l’école, il l’est tout autant concernant la justice. Il est dithyrambique sur le sujet de l’armée qu’il ne qualifie pas de française d’ailleurs. L’armée française, ça a pourtant de la gueule… Avec Valls, c’est l’armée tout court. Curieusement dans son sujet appelé l’autorité il inclut sa politique fiscale et trouve le moyen de la reprocher en partie à Nicolas Sarkozy. Le lecteur de bonne foi est alors médusé! Enfin l’homme qui se réfère à Hobbes ose nous mettre un couplet sur l’Europe sans l’appeler par son nom, UE. Sans intérêt.

Il met à la fin en exergue l’émancipation individuel, selon lui une valeur de gauche. Pourquoi pas, plus c’est gros… Mais quand il parle d’une société apaisée, le lecteur déjà courageux d’être allé jusqu’au bout a le poil qui se hérisse. Quel autorité peut donc avoir quelqu’un qui connait si peu la société française? La tribune de Manuel Valls ne répond pas  à cette question.

Frédéric Le Quer