La Russie et l’Islande

Par Vendredi 10 avril 2015 Permalink 19

Les attaques de la mondialisation contre le souverainisme étatique aboutissent à soumettre les peuples à une politique contraire à leurs besoins et leurs envies. Toutefois deux pays résistent avec acharnement au pouvoir de la finance et des banquiers relayés par une oligarchie dont les bases démocratiques se réduisent comme peau de chagrin, deux nations d’un genre totalement différent, mais deux états restés souverains, la Russie et l’Islande.

« Les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union Européenne » a déclaré le gouvernement islandais malgré le racolage de celle-ci qui se disait « confiante que l’adhésion de l’Islande à l’UE constituera un progrès pour les deux parties, et reste déterminée à accompagner le pays dans le processus ». Ainsi va Bruxelles qui faisant fi de ses échecs à tous les niveaux cherche par tous les moyens à grossir, ayant opté pour le quantitatif plutôt que le qualitatif! Quand de nombreux pays sont englués encore et toujours dans la crise de 2008, l’Islande en faisant payer les banquiers (nationalisation des banques) et en dévaluant sa monnaie se retrouve créditée d’un chômage autour de 4% de la population, contre plus de 8% en 2009 et 2010, et le pouvoir d’achat moyen se rapproche de son niveau de 2008. Ce succès est indéniablement à mettre au profit de son souverainisme chevillé au corps et de son regard sceptique vis à vis de la mondialisation.

En Russie, très très loin des démons ultralibéraux occidentaux, renaît l’idée civilisationnelle slave. La Russie se veut dorénavant un pays-civilisation. Elle fustige pour faire bonne mesure l’Europe politiquement correct. Cette dernière ne cesse depuis des mois de peindre un tableau apocalyptique du pays de Poutine. Mais, si la fin d’année a été difficile, 2015 s’annonce en revanche bien moins problématique que prévu. La preuve, une monnaie qui se ré-apprécie dans un pays où les opportunités économiques sont nombreuses! L’occident espérait une révolte de la population étranglée par les mesures économiques prises à l’encontre du pays. Non seulement il n’en est rien mais celle-ci semble ne jamais avoir été aussi soudée autour de son chef qui dans un sondage obtient 87% d’opinions favorables.

Les crises identitaires, les pertes de repères, l’abandon de souveraineté ne sont pas des maladies inéluctables des temps modernes. L’Islande et la Russie montrent que le salut et le bien-être passent par une reprise en main de son destin. Un peuple soudé et non un patchwork ethnique aux valeurs dissemblables est nécessaire pour redonner la fierté nationale sans quoi rien n’est possible. L’Union Européenne, ça, elle ne sait pas faire!

Frédéric Le Quer