La ruralité

Par Jeudi 12 mars 2015 Permalink 19

Contre des métropoles toujours plus envahissantes mais de moins en moins appréciées, contre des banlieues « pleureuses » réclamant toujours plus de l’état sans jamais faire d’efforts vers la cohésion nationale, contre un bouleversement du modèle culturel environnemental laissant de plus en plus perplexe, contre un système éducatif qui se perd dans la recherche de l’animation d’une classe au lieu d’imposer des connaissances indispensables, la ruralité représente une proposition, un choix contre le monde comme il se construit.

L’état s’évertue donc à parler de l’hyper ruralité comme d’une guigne, d’une maladie à combattre par des mesures faisant rentrer dans le rang des égarés évoluant sur une partie du territoire national dont la mission première serait de devenir un lieu de villégiature et certainement pas un lieu de vie. S’il est impossible de nier qu’elle est parfois subie, entraînant alors un sentiment de ghettoïsation et d’isolement parce qu’imposée par les forces du marché, le prix du foncier, et alors plutôt que dans la ruralité on est là dans la péri-urbanité, la vraie ruralité est dorénavant souvent voulue par des ménages se situant dans la mouvance d’une certaine décroissance pour des raisons simplement politiques au sens noble.

Face à l’augmentation de la population et cette croissance obligée désirée à tout prix, malgré son coût écologique important, l’anti productivisme devient une rébellion d’autant plus dangereuse qu’elle est larvée. Partir du jour au lendemain, reprendre un corps de bâtiment pour quelques milliers d’euros, s’y installer, s’y plaire, rejeter ainsi sans cri, ni violence la marche du monde est d’une dangerosité extrême du point de vue de dirigeants obnubilés par la mondialisation. Limiter ses besoins alors que tout est fait pour en fabriquer de plus en plus devient redoutablement révolutionnaire! Certains ont cru, peu de temps après le début de la crise, à la possibilité de remettre en cause une société de consommation tendant à faire perdre au citoyen sa vie à la gagner! Mais les solutions macro économiques ont alors tendu, par toujours plus de dettes, vers le raffermissement d’un maillage territorial accentuant l’urbanisation pour contrer une revendication légitime vers une vie meilleure à l’encontre de l’économie ultralibérale.

La ruralité représente avant tout l’idée d’une nouvelle organisation politique remettant au centre des préoccupations le terroir, la localité et au bout du compte la démocratie car la reprise en main de sa destinée par le totalitarisme qui s’installe à travers des organisations comme l’Union Européenne est impossible. La conception d’un monde alternatif est un espoir intellectuel que l’avenir pour les générations futures se chargera peut-être de matérialiser à condition que l’insoumission au système qui est construit maintenant trouve de l’ampleur grâce à la prise de conscience des citoyens.

Frédéric Le Quer