La révolution c’est maintenant

Par Vendredi 15 septembre 2017 Permalink 5

Pour faire la révolution, il faut se prendre au sérieux. L’ironie n’est pas de mise. Le second degré n’est pas de mise. L’humour n’est pas de mise. La situation des insurgés doit être telle qu’il est inutile pour eux d’avoir peur parce qu’ils savent que leur vie, celle de leurs enfants sera bien plus pénible si ils ne se révoltent pas. Ce soulèvement n’est pas seulement une question de fric, c’est surtout une question d’amour propre, en tout cas c’est lui qui fait bouger les lignes.

Ce préambule pour dire qu’Emmanuel Macron ne cédera pas. Il est là pour faire ce qu’il a commencé à faire et le finir. Seule sa destitution peut changer la donne. Et cette destitution que certaines pancartes réclamaient lors de la manifestation de mardi n’arrivera jamais dans des conditions institutionnelles normales. Le départ de Macron ne peut venir que d’un coup de force. Sa démission doit être poussée, sa fuite provoquée. Si le peuple veut cette issue, il doit la vouloir profondément. Sans forcément l’organiser, la planifier. Une pulsion après quelques provocations. Une colère qui devient de la haine. Un défilé dont le parcours dévie vers les lieux symboliques du pouvoir. Et c’est le grand saut. Celui qui donne un haut-le-cœur, qui terrifie même, mais qu’on est si fier d’avoir accompli après. Un peuple est parfois capable de ces folies qui font son histoire, sa grandeur, sa renommée universelle.

Oh, ce ne sont pas avec les Mailly, Berger et leur clique que chavire un état. Leurs trucs c’est la discussion, la négociation, les reculades à n’en plus finir, du moment qu’eux restent en place. Le compromis était aussi la grande « qualité » de Hollande. Mais quand on laisse de coté l’ironie, le second degré, on laisse tomber aussi le compromis. Quel compromis peut-il exister dans un pays dont la capitale multiplie les jardins potagers dans des bacs au coin des rues ou dans les squares pour nourrir les plus pauvres? Quel espoir subsiste-t-il encore quand des grandes surfaces abandonnent à leur clientèle désespérée quelques fruits et légumes gratuitement pour nourrir les enfants? Quel avenir a un état qui au journal de 20 h explique la manière dont on peut se procurer des produits pas encore tout à fait périmés qu’on va chercher pour un coût moindre en pleine nuit en dehors des horaires d’ouverture du magasin?

C’est la France d’aujourd’hui. Mon grand-père se retourne surement dans sa tombe. La pente qu’on dégringole mènera à la révolution.

Frédéric Le Quer