La réforme des collèges Najat Vallaud-Belkacem

Par Jeudi 30 avril 2015 Permalink 15

La réforme des collèges de la ministre Najat Vallaud-Belkacem a l’allure d’un tour de magie. Beaucoup de nouveautés sont proposées, une accumulation de faits sera théoriquement à connaitre par les élèves. Mais surtout pas d’affolement: les horaires disciplinaires des enseignants ne varieront pas; les « nouveaux modules » seront à prendre sur le temps de travail déjà existant!

Donc ni emploi du temps plus chargé pour l’élève, ni emploi du temps plus chargé pour le professeur. Tout ce petit monde est donc rassuré. Quant au programme, advienne que pourra! Et c’est bien là que réside toute l’aberration d’un projet qui ne fera qu’accentuer un décalage qu’une certaine idée de l’école et des collèges tendait à abolir grâce au mérite. En refusant d’approfondir des connaissances de bases avec acharnement et la première d’entre elles, la langue française, cette future loi s’enlise dans la démagogie la plus sordide, celle qui fait croire que tout se vaut.

Par mesure égalitaire, un accompagnement personnalisé, temps pris sur celui déjà existant bien sûr, est prévu pour tous les élèves, en difficulté scolaire ou « en avance », dixit le ministère, afin sans doute de ne stigmatiser personne. Et tout cela patauge lamentablement en faisant croire en un savoir plus simple, plus accessible, un reader’s digest de la connaissance, au lieu d’essayer de motiver l’élève par des obstacles à franchir qui quand ils sont passés le remplissent de fierté.

L’enseignement du fait religieux est un bon exemple. La vie de Moise, Jésus ou Mahomet va être racontée de manière factuelle pour satisfaire au multiculturalisme au lieu de faire réfléchir sur le pourquoi des religions qui ferait tendre vers la métaphysique, chose totalement inenvisageable. Cela évidemment prit sur les heures attribuées à l’histoire de France! L’autre exemple aberrant est l’apprentissage d’une seconde langue vivante dès la 5e (on devine laquelle dans certains quartiers et on est révolté de voir les médias se focaliser sur l’allemand pour faire diversion!) alors que beaucoup en français lisent mal, écrivent encore plus mal, n’ont aucun sens de la grammaire et ne savent tout simplement pas rédiger une phrase avec un sujet, un verbe , un complément.

Ce gouvernement prend les gens pour des cons. En rejetant l’élitisme culturel il croit faire preuve d’égalitarisme. Il ne fait qu’accentuer les différences entre les milieux sociaux, entre les enfants nés dans des familles éduquées et les autres avec aucun espoir de rattrapage puisque plus aucun outil intellectuel n’est offert dans le cadre de l’école publique et des collèges pour maîtriser le raisonnement et l’argumentation.

Frédéric Le Quer