La presse en France

Par Vendredi 24 octobre 2014 Permalink 28

L’état français déliquescent, en voie rapide d’implosion, ne tient encore que grâce à la presse qui s’emploie à atténuer tous les faits divers et tous les scandales politiques pour le bien d’un pouvoir adoubé par la finance qui paie l’information émise. La ploutocratie commande la couverture médiatique. Ses salariés serviles obéissent sans état d’âme.

Il est drôle de lire, (mais qui les lit?) les manifestes pro-européens, les seuls ayant le droit de citer, dans Libération, L’Obs, Le Monde qui s’étaient de tout temps voulus des journaux de débats avec une opinion qui semblait bien tranchée sur la liberté d’expression. Avec la foi des nouveaux convertis, leurs journalistes (en sont-ce?) se répandent complaisamment aux pieds des patrons de presse aussi patrons du cac40 et promeuvent piteusement un conservatisme qui arrange tout le monde. Le pourrissement de la société française ne constitue pas pour ces médias un obstacle car ils sont grassement payés et bénéficient de confortables avantages fiscaux pour encourager la continuation de la politique telle qu’elle est menée, ou, plus tard, légèrement infléchie par d’autres attendus comme Alain Juppé, qui favorise outrancièrement une mondialisation appauvrissant financièrement et culturellement le citoyen.

Il n’est pas surprenant de la part d’organes de presse comme l’Expansion, ou L’Opinion, ou Les Echos de stimuler la fibre européenne et donc mondialiste et donc ultralibérale. Ils ont été créés pour ça et sans vraiment de lecteurs constituent des sortes de danseuses pour leur propriétaire! En revanche les journaux précédemment cités flouent leur lectorat historique qui n’est d’ailleurs pas dupe et qui, année après année, s’en détourne résolument. Leur notoriété ne tient plus que par les faux débats organisés à la télé pour tenter de répandre une bonne parole qui commence à avoir du mal à être entendue.

A quoi bon citer Le Point ou L’Express, deux hebdos bien plus proches de la Pravda du temps de l’URSS que du Washington Post du Watergate! Marianne ou Le Figaro résistent encore un peu avec une ligne éditoriale chacun dans leur genre moins comprimée…

Tout ce bel équipage est dorénavant chapeauté par la télévision. Elle invite les éditorialistes de la presse écrite, toujours les mêmes, les pose en faiseur d’opinion, les fait trancher le vrai du faux par des sentences dictées par le seul intérêt de leur employeur. Elle s’applique à façonner cette pensée unique qui tient bien plus du totalitarisme que de la démocratie.

La souveraineté populaire s’étiole ainsi avec l’actif soutien de la presse soumise à l’alliance constituée entre pouvoir politique et pouvoir de l’argent. Mais la servitude volontaire dans laquelle sombre le peuple français, toute consternante qu’elle est, ne durera pas. Son peuple a montré par le passé sa capacité à secouer le joug des oppresseurs.

Frédéric Le Quer

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