La presse allemande et la Grèce

Par Jeudi 25 juin 2015 Permalink 25

La presse allemande est obnubilée par la crise grecque. La plupart des grands journaux propose sur leur site un compte rendu minute par minute de ce qui se déroule à Bruxelles. Le citoyen allemand qui n’a jamais eu autant confiance en l’avenir depuis un quart de siècle, (souvenons-nous de ceux, comme J. Attali, qui l’été dernier annonçaient le pire pour nos voisins!!!) se montre, d’après les chiffres de ce matin sur la confiance du consommateur en léger recul, un peu méfiant sur l’issue des négociations.

A l’inverse des médias français, peu de journaux outre Rhin se montrent particulièrement effrayés par un grexit. Au contraire, certains comme le quotidien populaire Bild plaident entre la photographie d’une playmate à la poitrine particulièrement avantageuse et les états d’âme d’un joueur de foot, en faveur de cette solution. Mais des publications plus économiques comme Handelsblatt ou même parfois le Frankfurter Allgemeine Zeitung ne montrent aucune réticence à privilégier l’option d’une sortie accompagnée de la Grèce de la zone €. Tous les propos du ministre des finances Wolfgang Schauble sont repris et disséqués. Il ne fait guère de doute que ce dernier ne souhaite pas conserver les grecs dans l’union monétaire.

Le Sùddedeutsche Zeitung se demande carrément ce matin: « Que fait encore ensemble l’Union Européenne? » et constate que dans de nombreux autres problèmes l’Europe est « à couteaux tirés ». Le journal berlinois Die Welt, l’équivallent du Figaro français reste plus factuel et ses comptes rendus ressemblent plus  à ceux de la presse hexagonale. Der Spiegel montre en grand un dessin représentant le symbole € écrasé entre deux mains et ruisselant de sang! De manière un peu sournoise il relate que la presse grecque est ulcérée par l’intransigeance des institutions envers le pays.

La différence de traitement d’un coté ou de l’autre du Rhin de la crise de l’€ est si patente que l’on comprend vite que l’issue impactera de manière très opposée les deux pays. Si d’un coté tout changement de configuration de la zone effraie en créant de l’incertitude sur l’avenir, en face la puissante Allemagne reste plus calme et regarde bien plus froidement les prochains événements. Les deux conceptions de l’€ qui se jouent, apportent pour les plus faibles une insécurité avec laquelle la classe médiatico-politique française est loin d’être à l’aise.

Frédéric Le Quer