La présidence était déjà jouée

Par Jeudi 4 mai 2017 Permalink 1

Le débat d’hier a rendu un bien triste verdict. Le brouhaha incessant des candidats à la présidence de la république ne les a guère valorisé. Cela suffit néanmoins largement à Emmanuel Macron pour confirmer son statut de prochain chef d’état.

Marine Le Pen n’a pas su développer ses arguments sur pratiquement tous les sujets. Du point de vue économique, tant était à dire pourtant sur la dette de la France, son manque de compétitivité vis à vis de l’Allemagne, son chômage endémique que ses solutions auraient pu apparaître comme une alternative à la politique suivie depuis 40 ans que fera perdurer Macron. Prendre tout par le petit bout de la lorgnette que constitue le cas Whirlpool, était largement insuffisant. Se laisser donner des leçons par un des piliers du système était naïf. Le reste fut à l’avenant. Même l’immigration fut mal évoquée. Aucun mot sur les boat people entre la Libye et la Sicile, aucun mot sur les solutions mises en place aussi bien par le groupe de Visegrad que par le Danemark pour s’en protéger, rien non plus sur la manière dont le gouvernement britannique a manipulé le nôtre sur les migrants de Calais et de ses environs. Aucun parallèle sur l’entrée de centaines de milliers d’étrangers sur notre sol et l’incapacité des gouvernants à résorber un chômage voulu par l’oligarchie pour écraser les salaires. Sur la lutte contre l’islam radical en revanche, elle fut meilleure. Enfin sur la politique extérieure, la question devait tous les deux les dépasser alors qu’il aurait pu être intéressant de disserter sur une attitude qui nous fait apparaître comme des va-t-en guerre au moyen orient comme en Afrique. Prôner une certaine évolution au sein de nos alliances n’auraient strictement rien de grotesque.

Emmanuel Macron s’est montré arrogant et sans charme. Technocratiquement, il a récité sa leçon avec application sur l’économie et la finance. Cela lui suffit pour avoir l’air compétent alors que ses solutions ont toujours échoué. On sent, et Marine Le Pen l’a souligné, qu’il ne représente rien d’autre que la continuation d’une politique qui fait sombrer la France. Mais il a probablement convaincu qu’il n’y avait pas encore d’alternative crédible compte tenu de la prestation de sa concurrente alors que sa personnalité s’est encore révélée sans la moindre vision pour son pays, sans souffle épique, sans consistance. Emmanuel Macron sonne creux.

Encore 5 années d’une mauvaise présidence sont à prévoir. C’est trop, beaucoup trop. La France ne s’en relèvera jamais.

Frédéric Le Quer