La pensée dominante

Par Mardi 17 mars 2015 Permalink 28

Il est certain qu’aujourd’hui la France et bien d’autres états occidentaux ont besoin d’hommes politiques ayant une vision de leur pays dans l’avenir raisonnablement ambitieuse pour pouvoir soumettre, une fois élus, les milieux conservateurs. Avec ceux qui ne se projettent pas, avec ceux qui gèrent au jour le jour, rien n’est jamais possible puisque tout peut remettre en cause leur confortable statut dépendant de la force de la pensée dominante.

La pensée dominante est devenue avec le temps la pensée unique. Des médias omniprésents, se considérant comme omniscients, sont devenus les arbitres du bon gout intellectuel. Ils relaient avec autoritarisme la pensée mondialiste et excluent par le dénigrement et souvent la mauvaise foi, non seulement tout courant de pensée plus souverainiste mais aussi les dirigeants portant dans leur propre pays cette aspiration. Le patriotisme, un beau mot quand il est synonyme de grandeur, est devenu honteux chez les tenants d’un internationalisme dont les plus faibles sont systématiquement victimes.

L’argument massue de la pensée unique, asséné contre vents et marées actuellement, est celui de la reprise économique. Peu importe les cohortes de chômeurs ou de foyers dans la difficulté, la baisse du pouvoir d’achat ou la précarité, seuls comptent des chiffres de croissance bidonnés à coup de dettes exponentielles pour démontrer les bienfaits du cap ou plutôt de la dérive dans laquelle le monde occidental est emporté. La fuite en avant orchestrée par les banques centrales, loin de faire l’objet de réserves est, on ne cesse de nous le dire, la solution pour aller mieux bien qu’elle ne bénéficie quasiment à personne. Le quasiment est essentiel car il laisse de coté ceux pour qui elle permet un enrichissement indu mais pourtant faramineux, ceux pour qui cette politique est suivi sous le prétexte officiel que les milliardaires seraient les garants du futur bien-être de la population. Mais en fait le but reste de soutenir les plus forts, quoiqu’il arrive, au mépris du malheur des autres.

La pensée dominante, dorénavant la seule ayant droit de citer, sert à asservir. Elle refuse la discussion car elle tend vers un despotisme qui loin d’éclairer, abrutit les masses. Sa subtilité réside dans le fait d’enjoliver le futur pour faire oublier le présent. La tac-tic réussit jusqu’à présent mais le genre humain s’est souvent grandi là où on ne l’attendait plus…

Frédéric Le Quer