La peinture baroque italienne du XVIIe siècle

Par Dimanche 21 février 2016 Permalink 2

Concernant la peinture baroque italienne du XVIIe siècle, le musée du Louvre ne met aucune planche à la disposition du public pour lui permettre de saisir le choc artistique révolutionnaire que constitua la peinture baroque dans l’histoire de l’art. Pourtant, de Caravage à la mort de Nicolas Poussin, le monde assiste à une période de splendeur des arts plastiques au cours de laquelle Rome joue un rôle central.

Avec les grands artistes italiens que sont Caravage, les frères Carache, Guido Reni, Guerchin, Orazio Gentileschi Bernardo Strozzi, Pierre de Cortone, Domenico Fetti, et tant d’autres, le visiteur n’admire pas seulement des toiles ou des panneaux bien peints, il est le témoin d’une scène prise sur le vif dans laquelle la mise en scène théâtrale n’empêche pas, au contraire même, exacerbe les émotions profondes des protagonistes. Les lumières et les ombres accentuent les tensions des scènes religieuses, mythologiques ou de genres et aussi des natures mortes!

C’est grâce à l’importance retrouvée de la papauté après le schisme protestant et la volonté politique du concile de Trente que les arts prennent une dimension majeure dans les grandes villes italiennes sous l’égide des souverains pontifes et des grandes familles patriciennes. Il s’agissait d’abord de montrer aux fidèles des représentations compréhensibles et édifiantes du nouveau et de l’ancien testament. Naturellement, la ville éternelle devient le carrefour intellectuel où se retrouvent les lombards, les tessinois, les émiliens, les français, les flamands, les hollandais, bref la terre entière!

Alors trois courants principaux naissent. Le naturalisme représenté par Caravage,photo en une d’un panier de fuit exposé à la pinacothèque de Milan, une sorte d’acte de naissance de la nature morte, le classicisme de Guido Reni, ci-dessous, l’enlèvement d’Hélène (musée du Louvre)SAM_1049 et le baroque radical d’un Pierre de Cortone (1596-1669), par exemple (photo ci-dessous de l’enlèvement des sabines à la pinacothèque de Rome).SAM_1050Et les ventes aux enchères dans tout ça? Cette époque au cours de laquelle les peintres signaient rarement leurs œuvres est propice à des découvertes et donc à des tentatives de plus values par le collectionneur s’il trouve une attribution crédible. Par exemple l’oeuvre ci-dessous, enduit transposé sur toile 91 x 113,5 cm, s’est vendu le 31 mars 2014 chez Bailly-Pommery&Voutier svv 194 060 € après que l’expert Patrice Dubois l’ait comparée à un dessin passé chez Christie’s vingt ans plus tôt et ait pu l’attribuer à Baldassare Franceschini, dit Il Volterrano (1611-1691) florentin « influencé par la leçon baroque importée de Rome par Pierre de Cortone » dixit la Gazette Drouot. L’estimation de départ n’excédait pas 4000 €…SAM_1051Frédéric Le Quer