La misère de l’action politique

Par Lundi 20 juillet 2015 Permalink 19

L’art de la politique est dévoyé par la paresse et les combines. L’action n’est plus vue comme un exercice tendant vers l’amélioration des conditions de vie ou comme la restauration de la grandeur nationale, mais elle devient uniquement le moyen de rester en poste et sa finalité ne réside plus que dans la manière dont elle sera perçue par les citoyens pour être réélu.

La connaissance de l’appréhension par l’opinion publique, dans le court terme, d’événements subis est devenue l’alpha et l’oméga des politiques. Alors en fonction du ressenti connu approximativement par les sondages, faute d’avoir soi-même  un lien de compréhension direct avec les français, les décisions à brûle-pourpoint se multiplient offrant une vision saccadée du pouvoir. Tantôt l’accent est mis sur la lutte contre le terrorisme en multipliant les effets d’annonce, tantôt une fable sur la situation économique est récitée pour rassurer et encourager les bonnes volontés, tantôt l’Union Européenne est mise au devant de la scène pour prouver son engagement vers un fédéralisme déroutant mais permettant une posture. Rien ne fait vraiment l’objet d’un suivi qui donnerait l’impression d’une direction. Dès la rentrée pour quelques mois ce sera au tour de l’écologie d’être mise en exergue en oubliant par ailleurs les actions menées allant à son encontre telles la création d’un aéroport loin de tout, ou celle d’une immense bulle au milieu des bois pour le tourisme de masse ou de la rétention d’eau d’une rivière pour cultiver du maïs dans une région aride.

Tous ces programmes sont des combines pour se faire bien voir de groupes aux interets divers et variés qui l’espere-t-on, s’en rappelleront dans l’isoloir. La vision englobante, prenant d’abord en compte l’avenir, a totalement disparu car ce qui importe est de se raccrocher aux branches d’une fonction élective qui procure de confortables avantages permettant en plus de s’arranger avec les lois imposées au reste de la population. Tous ces députés en délicatesse avec le fisc par exemple laissent passer l’orage jusqu’à ce que leurs tricheries soient oubliées!

Le bien public n’est dorénavant plus une fin à l’engagement politique. Par le passé, chez certains hommes seulement évidemment, l’honneur résidait dans le travail accompli pour le bien de la nation. La carrière, le parcours personnel se révèlent bien plus important maintenant chez tous et leur image devient pareille à celle d’un businessman uniquement préoccupé par sa propre réussite. La mondialisation a fait de nos politiciens des pantins et ceux-ci, par facilité et faiblesse, se laissent alors porter par un courant qui les dépasse tant, qu’ils ne cherchent plus du tout à le dominer mais seulement à en tirer un intérêt personnel.

Frédéric Le Quer