La guerre au Yemen

Par Mardi 5 mai 2015 Permalink 18

« Ce qui se passe au Yemen est une guerre intérieure au Yemen » déclarait hier une parlementaire sénégalaise effrayée de voir son pays y envoyer des troupes pour soutenir l’Arabie Saoudite. Mais tout va si vite dans la région que pour le moment,  la guerre semble suspendue! Elle montre toutefois que l’Arabie Saoudite se comporte vis à vis des pays musulmans, ceux qui ne sont pas chiites, un peu comme les Etats Unis vis à vis de l’Europe: S’ils ne veulent pas de représailles de la part du richissime pays, ils ont intérêt à s’aligner sur ses choix diplomatiques.

La coalition militaire réunit donc neuf pays arabes et est dirigée par l’Arabie saoudite afin officiellement de contrer l’avancée des rebelles chiites Houthis, soutenus par l’Iran, les empêcher de prendre le contrôle de l’ensemble du Yémen et de rétablir le gouvernement effectif du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, qui a été forcé par les Houthis à fuir la capitale, Sanaa. L’Algérie qui a rechigné à participer,  a eu les pires difficultés pour exfiltrer ses ressortissants et se voit dorénavant interdit de survoler l’espace aérien saoudien. Il faut dire que si l’Algérie ne s’aligne pas c’est que cette guerre cache aussi des problèmes territoriaux qui mêle la famille Ben Laden…

Mais, maintenant, la crispation de l’Egypte et du Pakistan concernant une action terrestre et la peur des américains de voir une nouvelle fois s’embraser la région semble quand même faire reculer les va-t-en-guerre saoudiens. En effet l’Iran a exprimé des menaces très précises d’une intervention directe au Yémen. Et puis, humainement l’Arabie Saoudite fait, pendant ce conflit, n’importe quoi! Son utilisation entre autre de bombes à fragmentation qui explosent de façon décalée dans le temps est une menace constante contre la population civile qui va perdurer. 1 244 Yéménis ont perdu la vie depuis le début de l’agression militaire et la situation humanitaire est catastrophique. Ceci ne gêne nullement notre président qui s’affiche tout sourire en allié numéro 1 des pays du golfe persique mais commence à déranger l’ONU et l’opinion internationale.

Cette guerre confessionnelle risque de se terminer sans grand gagnant, à part Al Qaida (Oussama Ben Laden était yéménite de naissance), qui s’est emparé de plusieurs villes portuaires et qui renforce ainsi fortement ses positions en profitant du chaos et du vide politique. Quand on sait que le Yémen possède une façade maritime d’une longueur de 1.906 km de côtes et couvre une surface de 527.970 km², soit presque autant que la France et commande l’accès à la mer Rouge, on comprend mieux alors les drames qui se profilent à l’horizon…

Frédéric  Le Quer