Grave crise boursière

Par Mardi 25 août 2015 Permalink 17

La crise boursière en cours multiplie les événements plus connus depuis longtemps à travers la planète. A New York, c’est la plus forte baisse depuis novembre 2011 ce qui fait revenir aux cours des actions de février 2014. Le DAX est entré dans un bear market. Les matières premières ont retrouvées leur valeur de 1999. En Asie, pertes sévères et arrêts de cotation sont le lot quotidien. Le Japon cette nuit a vu, en cours de séance, le plus important sell off depuis 2 ans. La bourse de Shangai retrouve ses cours de l’année dernière, l’amplitude de sa chute n’avait plus été vue depuis 1996.

Indéniablement, il s’agit du commencement de quelque chose de très mauvais. Le « je ne sais quoi », « le presque rien », concepts philosophiques chers à Vladimir Jankélévitch, ont été l’intervention de Pékin sur le cour du Yuan. Deux dévaluations suivies d’une réévaluation ont succédé à des curieuses interdictions faites aux courtiers de vendre des produits financiers. L’amateurisme et le cafouillage éclatant au grand jour dans la deuxième économie mondiale, les stimuli financiers de la banque centrale ne donnant rien, les investisseurs effrayés retirent leurs billes partout bien plus vite que prévu et en particulier des émergents ce qui pousse ces pays à la ruine avec la dévaluation de leur monnaie et l’effondrement des matières premières. Si l’économie était si florissante, la reprise mondiale si saine que le proclament les dirigeants politiques pourquoi ce « presque rien » chinois a-t-il à ce point tout fait basculer. Le mensonge éclate au grand jour et la crise des subprimes continue. Les milliards de dettes irrecouvrables affolent à nouveau maintenant alors que tous les connaissent depuis longtemps et la crise de croissance chinoise ne date pas de la semaine dernière! L’argent se place dorénavant là où il risque le moins: les bons du trésor américains et les bund allemands.

Le chant des sirènes commence à se faire entendre. François Hollande déclare que la Chine n’est pas indispensable à l’économie mondiale et Angela Merkel plus nuancée compte tenu de la vulnérabilité de l’Allemagne au pays affirme que la Chine peut stabiliser la situation. La nervosité règne dans les hautes sphères! Mais sans doute les plus inquiétantes sont les annonces de JP Morgan et Goldman Sachs qui encouragent à « acheter l’Europe », message qu’il faut traduire résolument  par « on a encore du papier à vendre aux gogos! ».

Frédéric Le Quer