La grande déconfiture

Par Mercredi 9 juillet 2014 Permalink 12

Le FMI a révisé à la baisse la croissance en Europe. Reconnaissons que les Etats Unis et le Japon ne sont pas mieux servis! Et en vérité l’optimisme des institutions internationales qui était de mise en 2013 concernant les perspectives de 2014 n’est plus du tout d’actualité. Elles prétendaient changer le monde pour l’année prochaine; on y est; telle soeur Anne nous n’avons rien vu venir; on attend maintenant 2015, et on attendra après 2016, etc, etc… jusqu’au jour où!

L’Ukraine, l’Irak, la Syrie, la mer de Chine sont les explications utiles pour souligner les dangers qui courent sur la reprise financière et économique mondiale. Mais concernant notre continent par exemple,  les deux banques en faillite en Autriche, pays noté triple A, le profil financier calamiteux de la banque portugaise Esperito Santo particulièrement risqué d’après Moody, les étranges difficultés du système bancaire bulgare, pour ne citer que les derniers déboires de la finance européenne, sont des faits qui n’ont que très peu, voire pas du tout, de rapport avec les troubles géopolitiques actuels! Ces derniers serviront de révélateur, d’accélérateur au pourrissement d’un système vérolé mais ne sont pas la cause de sa vérole.

A partir de 2016 les déposants participeront au renflouement des banques en crise grave; gageons qu’il ne se passera pas grand chose sur le plan financier dans l’Union Européenne d’ici là! La poussière bien repoussée sous les tapis ne devrait pas ressortir avant,  à moins bien sûr que les fameux déclencheurs du domaine de la politique étrangère s’en mêlent. Et là les grands argentiers mondiaux concernant surtout le Moyen-Orient ne maîtrisent pas. Quoiqu’ils feignent d’organiser,  le monde islamique aux populations pauvres et survoltées peut déjouer d’un coup toutes les prévisions, toutes les modélisations économiques.

La France dans tout ça n’est qu’un pion; misérable jouet d’événements qui la dépassent son rôle fond encore plus vite que son produit intérieur brut par habitant en déclin depuis 2007 mais masqué pour des raisons .démographiques par un PIB du pays stable! La dette de plus, ne cesse d’augmenter. Une politique malthusienne à l’image de celle pratiquée en Allemagne qui ne s’en porte pas mal aurait du bon après ces années de croissance démographique.

Mais non contente de voir son économie exsangue (la paralysie actuelle des petites entreprises fait froid dans le dos et est bien plus aisément perceptible que les difficultés des grosses), elle a abandonné avec son entrée dans l’OTAN toute capacité à peser sur le plan internationale. Accompagnée par le délitement culturel et sociologique la situation semble insurmontable.

La boite à outil du gouvernement est , nous dit-on,  capable de mener à bien telle celle des alchimistes, l’oeuvre au noir,  au rouge et au blanc pour transmuter le plomb qu’on a dans l’aile,  en or!  Comment y croire?

Frédéric Le Quer