La globalisation se cavale!

Par Jeudi 15 septembre 2016 Permalink 8

Sur le front économique et politique, il se passe actuellement des discussions remettant en cause la globalisation. Les deux sont liés inextricablement et savoir ce qui vient en premier du politique ou de l’économique est résoudre le problème de l’œuf et la poule…

A l’évidence, politiquement, l’émergence significative de partis et de candidats souverainistes ayant une chance d’accéder au pouvoir à cause d’une mondialisation qui ne profite pas aux peuples, pousse les grands décideurs mondialisés à en rabattre. Même Christine Lagarde, présidente du FMI, chantre de la globalisation, s’est fendue avant hier dans un discours (voir zerohedge) de diverses critiques concernant le monde industrialisé et ses inégalités, les multinationales et leur contribution fiscale, les flux migratoires incontrôlés, la concurrence salariale entre pays émergents et pays occidentaux. C’est une révolution! Le petit monde des institutions internationales panique. Junker à la table de jeu de l’argent sorti de nulle part crie banco et double la mise concernant sa politique de grands travaux. Il veut tout essayer pour éviter un raz de marée souverainiste partout dans l’Union Européenne. D’ici peu de temps, on reparlera de l’argent gratuitement distribué aux ménages…

Mais c’est ici qu’apparaît le volet économique de l’affaire. Les banquiers centraux doutent du bien fondé de l’argent gratuit. Les taux négatifs, i.e. devoir de l’argent sur ses économies, sur sa trésorerie placées en bon père de famille bouleverse tout. Si les banquiers centraux cessent d’acheter des obligations souveraines, elles vont s’effondrer, leur rendement va grimper en flèche, les pertes seront bouchés par la vente en catastrophe des actions qui s’écrouleront aussi. Le crack financier dans toute sa splendeur! Alors qu’ils continuent à acheter direz-vous! C’est ce que veulent les boursiers partout dans le monde et ils exercent un chantage régulier sur les grands argentiers par des petits sell off menaçants. Mais des milliards de milliards de milliards, ça fait du pognon, trop de pognon, semble-t-il. La crise du crédit de 2008 a été soignée par toujours plus de crédit et il semblerait qu’il faille passer à la caisse doucement sans précipitation en raréfiant juste un peu l’accès à tout ce pognon. Mais juste un peu semble encore beaucoup trop et on s’aperçoit là que la globalisation financière danse sur un volcan.

Alors Yellen parviendra-t-elle à monter ses taux? Draghi réussira-t-il à stopper son programme de QE à l’échéance prévue? Les japonais renonceront-ils à leur x ième QE? S’ils s’aplatissent devant les exigences des bourses, nous auront encore quelques années de sursis durant lesquelles la situation empirera. Mais la poussière sous le tapis permettra aux leaders politiques mondialistes de se maintenir en place même de justesse. S’ils se montrent intransigeants, les mois à venir seront dramatiques. Gageons qu’il vont tenter une voie médiane. Toute la question est de savoir si elle est tenable très longtemps…

Frédéric Le Quer