La gauche est morte

Par Lundi 30 octobre 2017 Permalink 4

La gauche est morte. Les éléphants du PS se terrent avant de périr, oubliés, ou se caricaturent en démocrates américains, enfin, l’aile droite du parti démocrate américain. Les deux explications à cet achèvement, économiques et sociologiques, s’entrechoquent sans jamais se confondre. Impossible. Elles sont antinomiques.

Le tour de passe-passe a échoué. Rendre compatible une politique migratoire plus qu’accueillante, laxiste, avec la protection des acquis sociaux des travailleurs français était rocambolesque. La gauche est tombée dans le piège dressé par le patronat. En refusant l’étranger miséreux, elle témoignait, à ses propres yeux, d’un cœur de pierre. En lui ouvrant les bras, ce qu’elle a décidé de faire, elle sacrifiait les salariés français sur l’autel du moins disant économique et social. Ces derniers ont mis du temps à comprendre. La manœuvre est demeurée obscure jusqu’au dernier moment. Puis la gauche machiavélique espéra switcher son électorat. Les nouveaux entrants devaient lui être acquis et compenser ceux qui étaient abandonnés. Mais les immigrés votent peu et les classes moyennes sont écœurées.

Et puis, l’histoire est aussi une question d’hommes et de femmes. Les bourgeois aux commandes du parti socialiste n’ont jamais su entraîner la sympathie du peuple. Ils étaient tous si loin des gens, si prompts à se rallier au monde du fric qui semblait leur faire envie qu’ils trahirent sans cesse leur électorat en pensant le berner avec quelques hochets. L’exemple le plus fameux restera l’histoire de « mon ennemi, c’est la finance » puis un retournement complet d’idéologie qu’on espéra faire passer avec, en parallèle, la mise en exergue d’une réforme sociétale, le mariage homo, faisant diversion, dont tout le monde se foutait. Mais c’est juste une anecdote, les choses ayant commencé bien avant avec l’allégeance à une Union Européenne résolument ultralibérale.

Maintenant, il y a Mélenchon qui tente le grand remplacement avec ses insoumis, idiots utiles au maintien de gens comme Macron aux affaires. Ce chef est un peureux, c’est le roi du « retenez-moi ou je fais un malheur ». Mais il ne casse rien et ne cassera jamais rien. Sa rentrée politique de l’automne est un cuisant échec. Les ordonnances passent comme dans du beurre. Aujourd’hui il ne reste personne sauf peut-être Philippot, débarrassé du boulet FN, qui est le seul à pouvoir éventuellement inquiéter les leaders actuels en représentant une gauche souverainiste. Le créneau peut marcher, même s’il part de très loin, car des foules entières demandent à être séduites. On verra à l’augmentation de l’agressivité des journalistes envers lui si effectivement il a une chance de brouiller les cartes.

Frédéric Le Quer