La gauche aime les idées

Par Mercredi 29 avril 2015 Permalink 15

La gauche aime les idées. Tout au long du XXe siècle, elle les a déclinées sur des voies tragiques en les emmenant, envers et contre le peuple, dans leurs ultimes conséquences. Et ce fut le stalinisme, le maoïsme, les khmer rouges et tous ces régimes totalitaires qui meurtrirent des générations et firent le lit du capitalisme.

La gauche française n’est évidemment pas en dehors de ce mouvement contre intuitif négligeant l’individu pour mieux valoriser le concept. Alors sans même s’en apercevoir, elle abandonne régulièrement le monde qui la porte au pouvoir. C’est d’ailleurs inéluctable tant la différence est grande entre l’ouvrier, entre celui qui vit de sa force productrice, entre la France d’en bas comme dirait Raffarin, longtemps resté l’électorat naturel, et les intellectuels qui composent, qui dirigent, qui orientent le parti  hier communiste et aujourd’hui Front de Gauche ou le parti socialiste.

Dans les années 70 et 80, la gauche a dénaturé la sociologie des banlieues en les transformant de populaires à des banlieues d’immigrés. Si, ne soyons pas naïfs, des intérêts personnels sont entrés en ligne de compte, il est indéniable que ce mouvement a été porté par un internationalisme poussé dans ses derniers retranchements jusqu’à chasser les classes populaires françaises pour les remplacer par des groupes plus pauvres venus de l’étranger! Elle a, à cette époque, trahi la classe ouvrière, la forçant à quitter ses terres pour fuir vers un environnement plus traditionnel mais lointain.

Quand la gauche s’approprie une idée, elle s’en trouve donc prisonnière et l’individu devient l’objet à soumettre à l’autel de l’idée.  Et c’est aussi ce qui arrive maintenant au parti socialiste. Ses dirigeants se gargarisent du bien-fondé de l’Union Européenne. Devenu un intouchable dogme, il ne tolère aucune remise en cause. L’individu doit y trouver son compte sans quoi celui-ci a tort, celui-ci se trompe, celui-ci est à combattre. Un terrorisme intellectuel, comme la gauche sait si bien l’organiser, s’organise alors pour décrédibiliser tout ce qui n’est pas en accord avec l’Union Européenne. L’Union Européenne devient un objectif indépassable auquel les français doivent se soumettre quelque soit les inconvénients, les désillusions,, les catastrophes qu’elle engendre. L’Union Européenne est une fin en soi portant encore cette idée d’internationalisme si chère à la gauche et l’homme n’est alors plus qu’un pion.

La conversion du parti socialiste au libéralisme est en grande partie due à son nouveau grand projet qu’est l’Europe. A n’en pas douter, beaucoup de maux sont à prévoir de cette toquade mais tout sera fait pour museler les rebelles quitte, encore une fois, à sacrifier l’individu ou la démocratie pour un objectif allant à l’encontre d’idéaux que l’on aurait pu croire de gauche, le bien-être pour le plus grand nombre.

Frédéric Le Quer