La flexibilité

Par Lundi 4 septembre 2017 Permalink 1

La flexibilité des salariés recherchée par la loi travail fait le pari de la reprise économique, de la reprise de la consommation, d’une inflation vivifiante. Cette réforme tend à installer le phénomène inverse à celui des tente glorieuses où l’employé qui en avait marre de sa boite la quittait pour en trouver une autre le lendemain. On cherche dorénavant à ce qu’une entreprise qui en a marre d’un salarié puisse le congédier rapidement pour en trouver un autre le lendemain. Les ressorts de cette philosophie sont totalement artificiels. Au lieu d’être la résultante naturelle d’une croissance économique dynamique, ils sont promus lors d’une croissance molle avec dans le cadre de la mondialisation une quantité de main d’oeuvre infinie. La loi entraînera d’abord forcément plus de licenciements, vu que ceux-ci sont plus faciles.

Mais est-il possible qu’après il y ait plus d’embauche en faisant sauter un verrou psychologique correspondant à la peur du patron de ne plus pouvoir se débarrasser de son employé? Peut-être.

Est-ce que cela peut résorber le taux de chômage? Non, forcément non, compte tenu de la main d’oeuvre gigantesque due à l’immigration.

Est-ce que cette réforme est faite pour résorber le taux de chômage? Bien sûr que non. Il s’agit d’un leurre. Sa seule utilité est de baisser le coût du travail.

Quand un salarié peut retrouver du travail du jour au lendemain, il fait monter les salaires, fait monter le coût du travail car les entreprises se battent pour le récupérer, provoque de l’inflation. Quand une entreprise peut retrouver un salarié immédiatement en claquant des doigts, elle fait baisser le coût du travail ce qui in fine finira par créer de la déflation sauf si on sacrifie la population à l’hôtel des exportations. Mais comme tous les pays font la même chose, cette option revient à faire gagner le moins-disant social.

Bilan: si retour de la croissance, les entreprises en bénéficieront davantage, mais pour les salariés ce sera à peu près neutre. Si la croissance s’essouffle vite, ce qui est à craindre compte tenu du désir visible des USA de se trouver une bonne petite guéguerre quelque part dans le monde, les entreprises limiteront les dégâts alors que la casse sociale sera bien plus forte qu’elle n’a été en 2008.

Frédéric Le Quer