La démocratie KO

Par Jeudi 11 mai 2017 Permalink 3

Si la république est en marche, la démocratie vit un terrible coup d’arrêt.

L’UMP est né avant le deuxième tour des présidentielles de 2002 mettant aux prises Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. En plus des durs du RPR, il rassemble de Jean-Louis Borloo à Christine Boutin. Son objectif d’être le parti unique de la droite et du centre est quasiment rempli. Seul Bayrou fait de la résistance mais il ne représente à cette période que lui-même. On s’aperçoit aujourd’hui que les fondateurs de l’UMP jouent petit bras. Ce sont des politiques aux idées forgées par Science po et l’ENA: le clivage droite gauche reste un marqueur rassurant dans l’objectif d’une carrière. A chacun de jouer sa partition au sein de clans bien séparés, étanches. Aucune tentative d’ouverture n’a lieu.

Ce rappel sert de parallèle avec la création actuelle de République En Marche (REM). Même genre de deuxième tour à la présidentielle. Même démarche pour reconfigurer le paysage politique avec en vue les législatives. Même tentative d’un seul parti de mettre le grappin sur le destin de la France sous couvert de grand rassemblement. Mais les ressemblances s’arrêtent là car l’UMP en 2002 ne refuse pas au PS d’exister; il veut juste le ramener à la portion congrue alors qu’En Marche dénie aux grands partis d’avoir des idées différentes des siennes. Toute la campagne d’Emmanuel Macron est basée sur l’unanimisme. Le point essentiel est qu’il voit grand tout de suite en proclamant supprimer le clivage gauche-droite. Plus question ici de rassembler des groupuscules satellites à son camp. En cela le soutien des patrons de multinationales est surement décisif. Ces gens voient à l’échelle du monde. Leur candidat ne doit pas être qu’un simple social démocrate. Il doit se voir comme rassembleur de toute la France et à force de le dire et le répéter les français finissent par le croire. Les médias ont ici une fonction décisive. Il ne reste qu’un théâtre d’ombres pour jouer le contradicteur quand le candidat LR est discrédité par la campagne de presse et les seconds rôles sont joués par le FN et La France Insoumise.

Aujourd’hui Baroin a des objectifs pour son parti ridiculement bas: 150 députés au moins! Une misère! Et parmi ceux là, ils seront nombreux à rejoindre la majorité présidentielle juste après. Coté socialiste, c’est encore pire. On parle d’une petite cinquantaine au mieux de députés estampillés PS qui après un petit tour s’en iront directement chez REM. La France insoumise et le FN, les seuls dont on est certain qu’ils ne se rallieront pas à REM après les législatives, ont l’ambition d’avoir chacun un groupe parlementaire… ça veut 15 députés! Autant dire une opposition d’opérette.

Voilà comme une démocratie se transforme dans les urnes. A la rue de jouer maintenant.

Frédéric Le Quer