La crise grecque

Par Mardi 24 mars 2015 Permalink 25

L’absolu manque de panache dont fait preuve Alexis Tsypras à la tête du gouvernement grec est consternant. Si, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il a pu pendant quelques jours, tel son ministre des finances, dresser son majeur à la figure de L’Union Européenne et transformer la crise grecque en crise internationale, il se traîne dorénavant aux pieds d’Angela Merkel quémandant encore et toujours un peu d’argent pour boucler les fins de mois, fins de mois qui commencent dans ce pays dès le premier jour!

Après avoir cru rallier les capitales européennes à son cheval blanc et fomenter une fronde contre Berlin, le voilà implorant le droit de rester dans la monnaie unique! Le gaillard hardi, volontaire et bravache des campagnes électorales a laissé la place à un freluquet timide et craintif tentant maladroitement d’amoindrir la portée des réformes exigées par l’Union Européenne. Mais Raminagrobis- Schauble veille et juge implacablement tous les dérapages du gouvernement hellène. Alors de démission en renoncement, le programme de Syriza fond comme neige au soleil.

Le pauvre premier ministre n’est guère aidé par Yanis Varoufakis. Présenté comme une pointure dans le domaine économique, il apparaît surtout comme un bien minable négociateur. Après s’être immédiatement séparé du seul atout qu’il avait en main, la menace d’une sortie de l’€ non concertée, il erre de capitales européennes en capitales européennes prônant à tous la révolution tout en se gardant bien de son coté de bousculer quoique ce soit! Le cul entre deux chaises, il essaie de ne pas payer ses dettes tout en pleurant toujours pour qu’on lui prête de l’argent. Le malheureux espère peut-être qu’en faisant pitié à Merkel, Schauble et Weidman, il leur arrachera encore quelques miettes.

Triste Grèce qui fout le camp! Les chancelleries se demandent maintenant comment vont-elles pouvoir se débarrasser de ce canard boiteux… Toutes lui montrent la sortie mais elle continue à s’incruster, s’imaginant encore un premier rôle alors que les autres n’en veulent même plus comme figurante. Et tant pis pour le pognon perdu, Mario Draghi  a une recette pour en fabriquer à tour de bras!

Tout s’est donc inversé en trois mois et la propagande médiatique qui envisageait une catastrophe lors d’une sortie d’un pays de l’euro, explique qu’il n’y a plus rien à craindre à limoger les grecs. L’Allemagne qui ne rêve que d’une zone € à géométrie variable (on y entre comme on en sort, rien n’est figé…) attend avec impatience. Paris, à la remorque de ce que pense Berlin compte tenu de la situation financière de la France, est d’accord sur tout du moment qu’on ne lui demande pas de faire des économies. Les grecs vont donc quitter la zone € mais de la pire des façons pour eux: Expulsés avec les meubles sur le trottoir et qu’on en entende plus parler!

Mais est-ce que la crise grecque s’arrêtera là? Pas sûr du tout, quelques pays en embuscade attendent de voir…