La course à l’échalote du moins-disant social

Par Mardi 12 septembre 2017 Permalink 3

La Chambre des Communes a voté cette nuit le premier projet de loi pour mettre fin à la primauté du droit européen sur le droit britannique une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE en 2019, en anglais « Repeal Bill ». Depuis le brexit, il s’agit de la deuxième étape la plus importante enregistrée en faveur de la séparation avec l’Union Européenne. L’opposition farouche des travaillistes et du parti national écossais ne les a pas grandis. Les citoyens britanniques avaient décidé à la majorité requise mais ces députés tentaient de surseoir à l’échéance. Sur le continent, c’eût été possible.

Le texte donne donc de larges pouvoirs à l’exécutif à la manière de nos ordonnances. Mais si son vote est normal, il inquiète néanmoins les syndicats car il pourrait être l’occasion de remettre en cause les avancées sociales rendues possibles outre-Manche grâce à Bruxelles. En effet, les lois européennes seront transposées telles quelles ou amendées. Ou amendées! C’est bien là que réside pour nous le véritable intérêt de ce qui s’est passé à Londres. Alors que la seconde loi travail de Macron s’apprête à largement rogner les avantages acquis des salariés, les anglais s’offrent un coup d’avance pour abaisser leurs propres conditions de travail. C’est la course à l’échalote du moins-disant social. L’important dorénavant est de rendre aux patrons les droits qu’ils avaient perdus au cours du XXe siècle. La Grande Bretagne voudra les attirer avec cette flexibilité qui est le Graal du libéralisme.

Le cours que prend l’histoire occidentale est de la folie. Le progrès qui ne sert pas à rendre les gens plus heureux est une régression! La mondialisation fait sombrer toutes ces populations qui avait un « western way of life »! Elles le sentent bien et sont tiraillées entre ce que la propagande leur dit de faire et ce qu’elles devraient faire pour leur intérêt. Pour le moment la politique du moins-disant social tient la corde. Et ce ne sera jamais assez.

Les français vont-ils montrer dans les semaines à venir qu’ils disent non?

Frédéric Le Quer