Kim Jong-un et Donald Trump

Par Mercredi 6 septembre 2017 Permalink 3

Malgré la promesse électorale de Donald Trump de mettre un terme aux guerres perdues d’avance que son pays mène à l’étranger, son envie d’en découdre avec la Corée du Nord semble tenace. Il s’agit là de se renier pour donner des gages d’obéissance à la nomenclature américaine qui aime à faire tourner à plein régime son industrie de l’armement, et éloigner le risque d’une procédure de destitution même improbable. Avec la Chine et la Russie dans les parages, pays véritablement d’Asie, les choses ne sont pas si simples qu’au moyen-orient où on peut venir y mettre un fieffé bordel sans provoquer de guerre mondiale. La seule question qui vaille est de savoir si Kim Jong-un veut lui aussi faire la guerre. Si c’est le cas, il visera franchement avec ses bombes la Corée du Sud, le Japon ou une île dans les alentours peuplée d’américains. Et là ce sera l’escalade. Mais en attendant peut-être cherche-t-il uniquement à mieux se protéger que Kadhafi ou Saddam Hussein et rendre sa destitution impossible grâce à son pouvoir de nuisance révélé par l’arsenal militaire qu’il aura mis au point.

Peu de choses ont été dévoilées sur le dictateur coréen de 34 ans peut-être marié avec un enfant. Les anecdotes les plus citées sont que petit enfant il conduisait une Mercedes Benz à pédale faite sur mesure et a visité le Disneyland de Tokyo avec un passeport brésilien. Après une scolarité en Suisse sous un faux nom, Kim Jong-un est devenu en 2011 le plus jeune chef d’état de la planète. La mise en scène de l’enterrement de son père aurait été inspirée d’un film de Cleant Eastwood, « Les pleins pouvoirs ». Ses goûts sont tournés vers le basketball, il posséderait un belle collection de chaussures Nike, et l’informatique, un intranet existe d’ailleurs en Corée du Nord pour les étudiants en particulier. Quand il est arrivé au pouvoir, ses discours semblaient démontrer qu’il était habité de bonnes intentions. Depuis, il a plus l’air d’un despote buté que d’un négociateur ouvert.

Pour conclure, disons que la balle est dans le camp américain. Si Washington décide d’attaquer Pyongyang, non seulement la Corée du Nord ripostera car elle en a les moyens militaires mais la Chine et la Russie se mettront à ses cotés. Tant qu’on est sur le ton de « retenez-moi ou j’fais un malheur », les ambassades bruissent pour pas grand chose, la Corée du Nord n’ayant guère intérêt à lancer réellement les hostilités.

Frédéric Le Quer