Jean-Henri Riesener, ébéniste

Par Dimanche 19 juin 2016 Permalink 1

Le rhénan, Jean-Henri Riesener, fit comme beaucoup de ses confrères au XVIIIe siècle, sa carrière en France. Né en 1734, il décide à 20 ans de venir à Paris pour prendre un nouvel élan. Miracle de la destinée un futur génie rencontre un génie déjà installé, le flamand Jean-François Oeben chez qui il poursuit son apprentissage.

Oeben meurt en 1763, Riesener reprend l’atelier et épouse la veuve, accède à la maîtrise en 1768. Avec cet héritage, les premiers meubles de Riesener à partir de 1769, précédemment Oeben même mort reste très présent, sont des secrétaires et des commodes reconnaissables par leur ressaut central de forme trapézoïdale. La commode de la chambre du roi (ci-dessous) livrée en 1775 avec sa richesse ornementale débridée fut l’inspiratrice de nombreux meubles très prisés au second empire.SAM_1464

Avec le début du règne de Louis XVI (1774), Riesener, ébéniste ordinaire du Roi, produit grâce aux commandes de la cour de nombreux types de meubles, encoignures, bonheurs du jour, bureaux à cylindre, bureaux plats, tables de salon. Sa notoriété est immense, la cour dépense des sommes folles pour ses créations, l’homme est riche.

Dix ans plus tard, le roi se passe de l’ébéniste jugé trop cher. La reine lui restera fidèle jusqu’aux premières années de la révolution. Ci-dessous, secrétaire à cylindre, 1784, exécuté pour le cabinet intérieur des appartements de nuit de Marie-Antoinette au chateau des Tuileries (musée du Louvre)IMG_20160619_154613

Parallèlement son style en fonction du client devient plus sobre avec des meubles en acajou moins ouvragés. Pierre Kjellberg, dans son ouvrage de référence « Le meuble français », écrit que des traits communs immuables subsistent: »perfection des bâtis, précision des assemblages, souci des détails, impeccable technique des placages, des marqueteries, des bronzes ».

La révolution voit ses meubles vendus à l’encan dans une belle pagaille. Il en rachète certain croyant naïvement pouvoir les revendre. S’il travaille un peu au cours du Directoire, il se retire définitivement en 1801 et meurt en 1805.

Aux enchères ces derniers passages ont connu un succès varié. Une commode très sobre en acajou, chez Montauroux, Pays de Fayence enchères estimé 40 à 50 000 € n’a pas trouvé preneur en novembre 2013. En revanche celle ci-dessous fut adjugé chez Rouillac en 2015 environ 125 000 €.SAM_1465

Frédéric Le Quer

Ps: En une, somptueux secrétaire de J.H. Riesener, d’après les prototypes conçus par J.F. Oeben. Meuble d’apparat avec des bronzes et une marqueterie de grande classe fabriqué pendant toute se carrière.