Jean-Gabriel Domergue flambe à nouveau

Par Mardi 13 décembre 2016 Permalink 1

Jean-Gabriel Domergue (1889-1962), Jean-Gab comme son milieu le nommait dans les années folles, fut l’artiste-peintre emblématique de la jet-set de l’entre deux guerres. De Nadine Lhospitalier (mais qui c’est-y donc? vous demandez-vous, interloqué? Et bien, rien de moins que la future Nadine de Rothschild!) de Nadine de Rothschild, donc, à Rita Hayworth en passant par Michèle Morgan, Mylène Demongeot ou Joséphine Baker, il leur tira, à toutes, le portrait sans pour autant se montrer dupe. »Les femmes ne trouvent leur portrait ressemblant que lorsqu’il ressemble à ce qu’elles voudraient être », aimait-il à dire.

Né à Bordeaux, Jean-Gabriel Domergue accompagne à 14 ans sa famille à Paris où immédiatement il gagne le concours de dessin de la ville. A 17 ans il participe au salon des artistes français. Il fréquente à Montmartre Toulouse Lautrec, son petit cousin. Ses professeurs s’appellent Edgar Degas, puis Giovanni Boldini ami de Degas, peintre italien installé à Paris. Les nombreuses récompenses dues à sa maestria se suivront tout au long de sa vie. Chevalier de la Légion d’Honneur, membre de l’institut à l’Académie des Beaux Arts, il finira sa carrière professionnelle comme conservateur du musée Jacquemart-André.

Les toiles paysagistes de ses débuts sont aujourd’hui oubliées dans les salles des ventes, mais les acheteurs raffolent de ses figures d’élégants et d’élégantes qui donnent l’impression d’être prises sur le vif, dans un tourbillon d’activités chics, dans un hippodrome, un cynodrome, un salon très couru ou un bal dans le grand monde. L’artiste lui-même ne dédaigne pas être l’organisateur de fêtes mémorables comme « le bal des mille beautés » organisé à l’opéra de Paris en 1927 sur le thème de la Venise du XVIIIe siècle (info Gazette Drouot n° 1211). L’artiste dessinera en 1939 l’affiche du premier festival de Cannes, sa ville d’adoption à qui il lègue sa demeure devenue un musée.

Hier à Drouot, chez Marc Arthur Kohn, commissaire priseur, le tableau en une intitulé « Dimanche aux courses », huile sur toile signée en bas à gauche (55 x 46,5 cm) fut attribué à un enchérisseur dans la salle pour 25 040 € frais compris. Signalons dans le même genre, la toile ci-dessous « Le pesage » qui n’arrêta sa course le 22 mai 2015 qu’à 45 600 € frais compris (Chez Pousse-Cornet svv à Blois, huile sur contre-plaqué 81 x 65 cm).sam_2633

L’huile sur panneau ci-dessous « Course aux lévriers » fit à Cannes lors de la dispersion de 16 tableaux de l’artiste le 5 avril 2015 par Besch Cannes Auction SVV 35 140 € frais compris.sam_2634

Citons pour finir le joli portrait « Pétunia » (45,6 x 38 cm), ci-dessous, qui montre toute l’importance pour Jean-Gabriel Domergue de la tenue féminine qui fit chez Var Enchères-Arnaud-Yvos svv en juin 2015, 15 000 €.sam_2632

Frédéric Le Quer