Le Japon, la Russie, l’Allemagne

Par Mercredi 29 octobre 2014 Permalink 23

Le Japon, la Russie et l’Allemagne font l’objet en France de critiques répétées, systématiques, entêtées qui, compte tenu de leurs résultats économiques, semblent bien suspectes. Mais leur modèle de croissance diffère tant de ce que les gouvernements successifs et leurs affiliés les médias cherchent à nous vendre pour notre bien-être putatif, qu’il devient au fur et à mesure de la déliquescence du nôtre, un exemple dangereux et subversif.

En effet, si la propagande baissait la garde, le citoyen prendrait conscience des réussites des pays vilipendés et des échecs inquiétants français. L’homme de bonne foi risquerait de remettre en cause cette contre-vérité qui décrit, (implore?) régulièrement le déclin de ces trois pays. Seulement, telle sœur Anne, on ne voit rien venir, alors qu’ici, l’herbe ne verdoie plus et le soleil ne poudroie plus.

Depuis vingt ans, le tragique effondrement du Japon est annoncé. Sa dette et le vieillissement de sa population sont mis en exergue pour étayer un pronostic toujours remis à plus tard. Hélas, pour les Cassandre! Le pays vit très bien, ne souhaite absolument pas changer son modèle, en autarcie, sans immigration; la dette de l’état est détenue par les japonais, la maigre inflation bénéficie à une population vieillissante et rentière, la TVA à 8% laisse de grandes marges de manœuvres à l’état. Ce pays soi-disant dans une situation  apocalyptique est, pour faire bonne mesure, la troisième puissance économique mondiale.

Le cas du traitement de la Russie par les médias français est guignolesque. Vladimir Poutine y est consciencieusement honni, censuré quand il le faut, alors qu’il fait sur place l’objet d’un culte qui montre l’attachement de la population à son chef. Il y a quelques mois un Petersbourgeois me montrait avec fierté les îles au milieu de la Neva où Poutine avait baptisé ses enfants! La croissance économique n’est pas seulement imputable aux hydrocarbures comme il est clamé pour discréditer sa politique. L’économie se modernise et innove. Le niveau de vie des russes s’est considérablement amélioré. Le rapprochement de la Russie et de la Chine est un événement crucial à l’échelle planétaire.

L’Allemagne est l’épine profondément enfoncée dans le pied de la France. Sa richesse dénonce l’inanité des politiques entreprises chez nous. La réunification avec une RDA économiquement aux abois montre le volontarisme des uns contre la lâcheté des autres. Alors, la presse française tente à l’unisson de prédire un avenir sombre pour le grand voisin espérant qu’en le discréditant, elle promeut l’endoctrinement entrepris par les « élites » françaises sur le citoyen.

Ces trois cas sont les contradicteurs implacables du sens vers lequel veulent aller nos gouvernants. Leur réussite basée en partie sur une politique malthusienne est un drapeau rouge brandi devant les yeux des dirigeants français. La force de ces pays vient de leur unité, de leur homogénéité quand le déclin du nôtre vient d’une compréhension biaisée de la mondialisation ayant entraîné la perte du sentiment national.

Frédéric Le Quer