Jacques Adnet, un décorateur ensemblier

Par Dimanche 28 février 2016 Permalink 1

Jacques Adnet (1900-1984) est un architecte designer, métier qui entre les deux guerres était qualifié du joli nom de décorateur ensemblier. Formidable touche à tout, sa formation éclectique l’amène à réaliser de nombreux projets pour des particuliers fortunés, pour des institutions de la république (il décore les appartements privés du président Vincent Auriol au palais de l’Elysée), pour le cinéma, pour le théâtre ou même pour des paquebots comme le France ou le Ferdinand de Lesseps avec par exemple la paire de fauteuil, en une,  plutôt en mauvais état, en acier habillé de cuir rouge, avec des éléments de laiton, 75 x 70 cm qui furent adjugés à Nîmes svv le 31 janvier 2015 7623 € frais compris.

Pour ses débuts au commencement des années 20, après avoir appris, avec son frère jumeau le dessin, l’architecture à l’école des arts décoratifs et la peinture, Maurice Dufrène, figure majeure de l’époque dans le domaine des arts décoratifs, lui met le pied à l’étrier en le faisant entrer avec son frère après son passage dans l’atelier de Tony Selmersheim,  à la Maitrise, l’atelier des arts appliqués des Galeries Lafayette créé en 1921. C’est l’époque à laquelle le fonctionnalisme devient à la mode avec un esthétisme soumis à l’utilité de l’objet fabriqué. Cubisme et rationalisme seront les thèmes majeurs de la Compagnie des Arts Français fondée en 1919, par Louis Süe, peintre et architecte, et André Mare, que Jacques Adnet reprendra entre 1927 et 1959. Même si son travail est marqué par la grande élégance de ses créations en dépit de lignes très géométriques, l’esthétique industrielle viendra lui faire concurrence à partir des années 50.

Aux enchères le mobilier de Jacques Adnet a des fortunes diverses. Le très beau bureau ci-dessous ne trouvait, par exemple,  pas preneur à Drouot chez Camard svv le 25 mars 2013. Mélangeant un bâti en lame et tube d’acier, un gainage en cuir et un plateau formé d’une large dalle asymétrique en verre vert, l’estimation entre 150 000 € et 180 000 € a effrayé.SAM_1073

En revanche, les 27 fauteuils, image ci-dessous, à fût architectonique gainé de cuir brun très sombre, pieds tubulaires, des années 60, 81 x 62 x 56 cm obtenait à Troye chez Boisseau-Pomez svv le 11 avril 2015 la belle somme de 40 800 €.SAM_1074

Citons enfin l’enfilade, 90 x 200 x 50 cm, en placage d’acajou, ci-dessous, au corps légèrement cintré qui fit en 2008 chez Pierre Bergé svv, environ 10 000 € frais compris.SAM_1076

Frédéric Le Quer