Inégalités

Par Lundi 2 mars 2015 Permalink 20

Les inégalités continuent à croître sur l’autel de la mondialisation. En raison des liquidités importantes injectées par les banques centrales, l’accélération de l’inflation pourrait s’envisager et redonner un certain dynamisme à l’économie. Rien n’est moins sur, en tout cas pour février en zone € elle ressort à -0,3%! La France et l’Europe vivent juste un léger rebond de la croissance dans un cycle baissier.

Les ménages ne consomment que le strict nécessaire et les entreprises oublient d’investir. Seules les exportations représentent un moteur éventuellement positif… Sauf qu’en France cela fait quinze ans que la balance commerciale est déficitaire et qu’en 2014 le pays a encore perdu des parts de marché! Avec des salaires nets moyens qui ne cessent de baisser (chiffre officiel pour 2012: -0,4%), un chômage élevé, des contrats de travail plus qu’à durée déterminée, il est inenvisageable de voir repartir la consommation intérieure. L’environnement déflationniste empêche les entreprises de bien valoriser leurs produits et donc ne peut les inciter à investir. Alors l’état continue de palier aux vilains fondamentaux en s’endettant toujours plus.

Pourtant quelque soit le résultat des entreprises, les bonus augmentent et les très hautes rémunérations explosent. Les actionnaires et les grands patrons se partagent la rente au mépris des salariés. On s’éloigne de plus en plus de la division par trois des bénéfices que Nicolas Sarkozy trouvait un temps équitable, avec un tiers pour l’entrepreneur, un tiers pour l’investisseur, un tiers pour le salarié! Les injections de liquidité bénéficient avant tout aux marchés financiers en espérant que l’enrichissement de ceux qui en profitent fera grappiller quelques miettes aux autres. L’accroissement de l’échelle salariale serait donc le moyen de la relance économique. Les inégalités deviennent ainsi une vertu que les victimes doivent apprécier à sa juste mesure puisqu’elle est pour leur bien! Leurs difficultés sont le pendant au même moment de l’aisance des quelques autres qui eux mêmes garantissent soi-disant un avenir qui sera un jour plus juste pour les victimes. Drôle de pari imposé aux pauvres avec cette dialectique aberrante! Dans la cour de récréation d’une école primaire ce genre de solution dans un jeu serait brocardé par les défavorisés. Mais aujourd’hui, maintenant, dans la vraie vie, elle est prise avec la plus grande effronterie sans que les peuples ne réagissent…

Le taper américain avance cahin-caha.  La BCE rachète de la dette d’état et prend le relai de la Fed concernant la distribution de liquidité pour ne pas paniquer les marchés financiers qui, sans leur drogue, s’effondreraient lamentablement. Toute cette cuisine financière ne concerne en fait que les plus riches. Pour les autres, inéluctablement, c’est le sacrifice de plusieurs générations.

Frédéric Le Quer