Hier, à la télé, j’ai rien raté!

Par Vendredi 19 mai 2017 Permalink 4

Il tombait des cordes hier soir. Pas question d’aller voir cette conférence sur le dessin ancien. La flemme. La télé. Une émission horripilante sur Arte où quelques bobos à l’heure du dîner s’arrogent le droit d’asséner la pensée unique avec cet air de supériorité qui donne envie de devenir khmer rouge, juste un instant, pour faire suer le burnous à ces cons. Je regarde comme une punition. En désaccord sur tout. Tout. Tout. Enfin la fin. La plus exaspérante de tous, celle qui mène la danse du talk show, fait sa speakerine et annonce un feuilleton policier italien à suivre. Je ne zappe pas. Ettore Scolla, Luigi Commencini, Sophia Loren, Marcello Mastroiani… Cinecittà! Mais le pire était à venir! Une pâle copie de la plus lamentable des séries anglo-saxonnes. Histoire laborieuse. Dialogues téléphonés. Héroïne famélique mais sexuellement libérée! Prétentieux. Nul. Les ravages de la mondialisation. Dans une sauce qu’on n’ose pas appeler intellectuelle, sont liés des ingrédients qui rabaissent la nature humaine. Au bout d’une heure de visionnage, le téléspectateur est inéluctablement un peu plus bête. Rien n’est italien. La forme, les images, les péripéties sont internationalisées. Les citoyens de n’importe quel pays, peu regardants, peuvent y trouver leur compte. Ce n’est pas l’ouverture à l’autre, c’est l’enfermement sur soi dans n’importe quel endroit de la planète.

Leur mondialisation c’est cela. Le refus d’exalter des particularismes identitaires riches d’histoire, riches de culture, riches d’individualités. ça lamine à tout va! ça lamine au raz des pâquerettes. Bientôt un italien sera un suédois, un basque sera un hongrois. Leur grand rêve, un viking sera un touareg, un arabe sera un celte!

La moralité de cette histoire c’est que « la télé c’est très dangereux »! L’autre moralité, c’est que si les citoyens ne relèvent pas vite la tête, leurs caciques appuieront dessus le plus fort possible, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de cerveau, que de la bouillie, jusqu’à ce que tous ces particularismes qui enrichissent régions, pays, continents, disparaissent pour ne laisser que le désert morbide d’une vie désespérément partout identique. Ce sera plus facile de faire ainsi du pognon.

Frédéric Le Quer