Henri Guaino

Par Mardi 17 mai 2016 Permalink 3

Tout en fustigeant les primaires, Henri Guaino disait ce matin qu’il réfléchissait à l’idée de se présenter aux élections présidentielles. La clé de sa décision est peut-être dans cette phrase: « Ce qui est gaullien est de ne pas pouvoir gouverner contre le peuple même si le peuple a tort. »

Ainsi l’homme politique résumait ses opinions sur François Hollande, le gouvernement de Manuel Valls, les projets politiques des leaders de son propre parti et l’Union Européenne. Tous ces gens, toutes ces institutions vont dans la même direction et, pour ce faire, tentent de dépolitiser les sociétés en faisant entendre qu’une seule voie est possible, la voie néolibérale bien sûr et l’accent uniquement mis sur la politique de l’offre. Henri Guaino considère cette approche comme une folie pour la démocratie. Nier que les questions nationales et sociales puissent être traitées de manière différente donc qu’elles ne se posent plus, mènera les gens dans la rue puisqu’ils seront ainsi acculés avec l’impossibilité d’une alternative. D’après Henri Guaino, il manque dorénavant aux responsables politiques le sens de l’état, le sens de la nation et d’en profiter pour ridiculiser le projet d’Alain Juppé de gouverner par ordonnance.

Les quatre cinquièmes de la population sont contre ce que proposent les partis de gouvernement ainsi qu’ils se qualifient eux-mêmes afin d’organiser un conservatisme mortifère pour la France. Henri Guaino laisse entendre un air séduisant car catégoriquement opposé à la doxa dominante dans les médias. Mais il continue à avoir peur des mots et le clivage souverainiste versus mondialiste lui déplait. En fait l’homme est probablement trop intelligent pour asséner des opinions catégoriques. Il doute et si pour un philosophe, c’est le secret de la sagesse, pour un dirigeant, cela constitue un terrible handicap. De toute façon, on ne comprend pas bien ce qu’il fait dans le parti « Les Républicains » bien qu’on ne l’imagine pas numéro deux de Dupont Aignan. Son gaullisme l’empêchera aussi de rejoindre le Front National. C’est une triste impasse pour lui et c’est aussi dommageable pour la France que cet esprit ne trouve pas les moyens de mieux s’affirmer.

Francois Hollande s’exprimait aussi ce matin à la radio. Il n’avait rien à dire mais lui était sûr de son discours et de ses opinions!

Frédéric Le Quer