Grèce, la pestiférée

Par Lundi 15 décembre 2014 Permalink 29

Les grecs et les petites et moyennes entreprises du pays risquent de profiter d’élections présidentielles sans résultat au parlement pour ne pas s’acquitter des impôts importants à régler d’ici la fin de l’année! Cette crainte à elle seule montre l’état de décomposition du pays et il n’est absolument pas certain que les députés se mettent d’accord sur le nom de son futur président.

La Grèce effraie à nouveau l’Union Européenne. Elections présidentielles anticipées, absence d’accord parlementaire, législatives dès janvier, victoire du parti Syriza, sortie de la monnaie unique, précédent qui peut valoir d’exemple avec au final le risque de la dislocation généralisée de la zone €…

Ces onze millions d’habitants n’intéresseraient guère si cette enchaînement possible des événements n’était pas un danger majeur pour la monnaie unique, l’Europe, la mondialisation. Car tout cela ne tient plus qu’à un fil. Partout les peuples rechignent à continuer sur cette voie. La Grèce depuis la faillite de 2010 ne s’est jamais remise. Elle peut demain franchir le Rubicon!

L’Allemagne est-elle fondamentalement contre cette sortie? Syrisa, le parti grec anti-européen, ne devient-il pas son allié objectif? Angela Merkel veut une zone € à géométrie variable. Les pays doivent pouvoir dorénavant la quitter quand ils présentent des difficultés économiques trop importantes. Les 175% de dette de l’état grec par rapport à son PIB sont un frein quasiment insurmontable.

Une union monétaire, où coexiste un pays dont le budget est en équilibre avec d’autres aux caractéristiques totalement incompatibles, est vouée à engager des remèdes drastiques. Le refus catégorique de l’Allemagne de transférer des sommes inouïes vers les pays du club med et son rejet de l’assouplissement monétaire rend la dette de la Grèce, et pas seulement elle, intenable.

La bonne parole prêchée par Junker et Moscovici à Athènes semble vaine. La Grèce souhaite retrouver sa souveraineté perdue. Si l’élection à venir ne déclenche pas cette évolution logique, ce ne sera que partie remise.

Frédéric Le Quer