La gauche française

Par Mercredi 17 septembre 2014 Permalink 18

S’il est dorénavant admis que la gauche ne représente plus les classes populaires, elle s’attache à maintenir cette illusion par volonté de conserver un semblant d’ancrage légitimant sa présence aux affaires. François Hollande est au pouvoir non seulement par rejet du précédent président qui avait tant promis sans jamais rien tenir, mais aussi, inconnu des électeurs, par certaines de ses sorties sibyllines le faisant faussement apparaître patriote.

L’exercice de Manuel Valls, hier, qui redemandait l’aval des députés pour continuer sa politique n’avait aucun intérêt. Trop loin de « la confiance chaleureuse de la nation » qu’exigeait De Gaulle lors des référendums pour bénéficier d’une « république assurée » et d’un « horizon dégagé », le premier ministre se contente d’un vague soutien voté par des privilégiés discrédités pour qui il représente l’assurance pour encore trois ans d’une grasse rémunération sans risque et sans fatigue. Le souci de la France et de son peuple est évacué par le grand cirque politico-médiatique. La gauche au pouvoir ne recherche pas la légitimité populaire, elle se contente d’une légitimité institutionnelle qui, si elle n’était pas dans l’esprit des constitutionnalistes, devient la meilleure garantie du maintien d’un régime tyrannique puisque capable de perdurer sans le soutien des citoyens.

La gauche a donc abandonné les classes populaires et les laissent ainsi sans représentant. Le Front National essaie bien de s’accrocher aux branches en suivant le sens de l’opinion publique mais des décennies de discrédit tendent à limiter inexorablement ses ambitions. S’il progresse à chaque élection, il est malgré tout encore impossible à Marine Le Pen d’espérer plus de 50% des suffrages à l’élection présidentielle sans quoi rien est possible.

Mais son rôle est essentiel au paysage politique français. Elle est l’épouvantail complaisamment brandie pour délégitimer les voix anti mondialistes. Le Front National sert utilement de répulsif au discours souverainiste. La mondialisation n’a ainsi plus d’adversaire dangereux et s’insinue dans les esprits comme le sens unique possible de l’histoire. Le souverainisme est honteusement assimilé au racisme. La protection des frontières qui garantit au peuple la possibilité de peser sur son avenir est moquée scandaleusement comme une approche rétrograde et xénophobe. Pourtant il s’agit de l’honneur d’un pays de disposer de lui-même. Cet honneur, cette grandeur est refusée aux français.

La gauche s’est vendue au pouvoir de la finance universelle uniquement obnubilée par le rendement, au pouvoir des multinationales apatrides uniquement motivées par la baisse du coût du travail, au pouvoir des élites mondialisées ennemies de l’identité nationale qui fait la grandeur d’un pays. La gauche en reniant la France et les français s’est jetée dans l’affairisme, la corruption et la honte. La gauche, enfin oubliant l’Histoire, fabrique des valeurs artificielles qui mettent à mal l’identité de la nation. Le discrédit populaire ne la gêne pas; elle oeuvre pour un mondialisme où l’homme de la rue n’a plus sa place.

Frédéric Le Quer


 

 

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