Gaston Chaissac (1910-1964)

Par Dimanche 17 décembre 2017 Permalink 3

Gaston Chaissac n’a suivi aucune formation artistique. Pourtant les expositions le concernant sont légions. Son art, brut pour reprendre un terme théorisé par Jean Dubuffet, particulièrement complexe, offre matière à une réflexion intellectuelle que l’autodidacte encouragea sa vie durant par sa correspondance et ses livres. Ses débuts avec des dessins à l’encre de chine expliquent peut-être le cloisonnement de traits noirs des figures de personnages et de bêtes qui caractérisent ses gouaches et ses huiles. Les formes sont simples, simplifiées avec acharnement, enfantines plutôt que naïves. Puis à partir de 1946, la peinture ne lui suffisant plus, il utilise des objets usuels, voire des pelures et des épluchures pour une oeuvre tendant vers l’abstraction. Tous les supports lui sont bons, toiles, cartons, pierre, tôle. Pour ses totems, analysés parfois à la lumière de Claude Lévi-Strauss, planches de bois, souches, papiers peints sont utilisés. L’huile sur bois, en une, vendue en 2012 chez Cornette de St Cyr, haute de 109 cm, fit entre 110 et 120 mille euros avec les frais.

En 1951, l’oeuvre d’écrivain et de chroniqueur de Gaston Chaissac est publié chez Gallimard. Une correspondance fournie le lie à Dubuffet et Paulhan. Quel retournement pour cet adolescent en apprentissage chez un cordonnier! Mais il reste éloigné de la vie parisienne et s’ancre jusqu’à sa mort avec sa femme en Vendée où à partir de 1959 seulement il reprend la peinture.

Si de son vivant, Gaston Chaissac a parfois du mal à vivre de son art, il est aujourd’hui bien prisé. La gouache, ci-dessous, « l’homme au chapeau rouge », bel exemple des talents de coloriste de l’artiste, 31,5 x 24 cm fut adjugée chez Bordeaux enchères le 16 octobre 2013, 16 200 €.SAM_5632

Un dernier exemple de prix avec ce personnage de 1961, collage de papier journal et aquarelle sur papier, H_34,5 cm L_20,5 cm, qui chez Pierre Bergé fit 5 410 € en 2016.SAM_5628

Frédéric Le Quer